Cameroun – Le président du CNC appelle les médias à la responsabilité

 

Une journée de concertation a eu lieu mercredi entre les responsables des médias et le régulateur. Le président du CNC s’est mis dans la peau d’un médiateur.

C’est le traitement médiatique de la crise anglophone qui a provoqué cette concertation. Dans un communiqué publié le 5 octobre dernier, le président du CNC dénonçait les dérives déontologiques de plusieurs médias nationaux. Ce mercredi, le régulateur du paysage médiatique camerounais a organisé une séance d’autocritique entre professionnels des médias. Le président du CNC, Peter Essoka, était entouré d’autres responsables du Conseil National de la Communication. Il y avait des membres dont le vice-président Mvoto Obounou, ainsi que secrétaire général de cette structure, Jean Tobi Hond.

De l’échange, il ressort que certains médias se sont rendus coupables de stigmatisation de certains groupes. Plusieurs cas pratiques ont été évoqués dans la salle par les divers intervenants. Il est reproché à d’autres médias la diffusion d’informations non avérées ainsi que  le non-respect de règles déontologiques propres au secteur de la presse. Pour le président Peter Essoka, il était également question d’en appeler à la responsabilité des médias. Le président du CNC indique que dans certaines situations, les journalistes peuvent éviter de jeter de l’huile sur le feu.

A l’issue de cette journée de travail, des résolutions ont été prises par l’ensemble des participants. Ces bonnes pratiques seront rassemblées dans un guide pratique que le CNC compte publier dans les jours à venir. Mais le président du CNC réfute les craintes des hommes et femmes des médias. Ces derniers ont laissé entendre qu’ils ressentaient comme une pression sur la liberté éditoriale de la presse. Le président du CNC affirme qu’il n’est pas question de violer l’indépendance des médias. Peter Essoka exhorte les journalistes à savoir que « toute vérité n’est pas bonne à dire » surtout si « elle est de nature à provoquer la violence et le chaos.»

Des grands noms de la presse ont effectivement répondu positivement à la convocation du régulateur. La direction de la CRTV y a dépêché les directeurs centraux de la radio et de la télévision. En se positionnant comme un médiateur, le président du CNC souhaite que les médias n’aient pas à influencer négativement l’issue de la crise anglophone. Comme les autres acteurs, les médias sont ainsi  invités à contribuer à la recherche de solutions de sortie de crise.  Le Conseil National de la Communication se réserve aussi  le droit d’appliquer son régime de sanctions contre les médias qui insisteront dans la non respect des règles déontologiques.

Sango Longue

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