Paul Biya remobilise la diplomatie camerounaise

 

Par cinq décrets et deux arrêtés, le président de la République a nommé ce mardi 7 novembre 2018 dans les divers postes techniques de la diplomatie camerounaise.

Près de 267 postes de responsabilité ont été touchés par les actes du chef de l’État. Il s’agit de trois inspecteurs généraux, trois inspecteurs des services, quatre conseillers techniques et quatorze directeurs. A travers deux arrêtés, le chef de l’État a nommé les autres responsables des services centraux. Ce sont notamment les sous directeurs et les chefs de service.  Le cinquième décret signé par le président Paul Biya concerne les postes diplomatiques à l’étranger.  Par ces actes, l’organigramme issu de la dernière organisation (avril 2013) de ce ministère régalien est complètement mis en exergue.

47 personnes sont concernées par ce 5è décret du 7 novembre 2017. Il s’agit des ministres conseillers (les n°2 dans les ambassades, les hauts commissariats et les missions permanentes du Cameroun). Ces diplomates expérimentés assument généralement les fonctions de chargés d’affaires lorsque les ambassadeurs sont en déplacement. Il y a ensuite les postes de premier conseiller, de deuxième conseiller, de premier secrétaire et deuxième secrétaire. Il s’agit aussi des postes de consul général, de consul, de vice consul. Les décrets individuels concernant  les chefs de mission diplomatique viendront compléter cette architecture.

Par son ampleur, le mouvement de ce 11 novembre se rapproche de celui de d’avril 2006. Depuis lors, la diplomatie camerounaise n’avait plus connu un renouvellement aussi large.  Le mouvement touche tous les postes diplomatiques du Cameroun. Toutes les structures des services centraux sont également affectées. Les diplomates ayant atteint la limite d’âge sont effectivement mises à la retraite.  Plusieurs diplomates en fonction à l’étranger sont nommés dans les services centraux.  Ces nominations révèlent la création des postes consulaires à Nairobi au Kenya, Ouesso au Congo, Dubai aux Emirats Arabes Unis.

Le personnel diplomate de formation domine ainsi la dynamique de mise en œuvre de la diplomatie camerounaise. Ces diplômés de la filière diplomatique de l’Institut des relations internationales du Cameroun occupent 12 des 14 postes de direction au ministère. Les analyses stratégiques, la communication et la documentation, ainsi que les questions juridiques sont confiées aux diplomates. Les affaires générales et la traduction restent néanmoins entre les mains des autres corps de métier (traducteur et administrateur civil). Le directeur des affaires générales,  Ahmadou Sali, est le seul haut responsable ayant conservé sa position initiale.

Huit directeurs en poste dans les services centraux se retrouvent en pole position dans les missions diplomatiques. Ils sont pour la plupart ministres conseillers. Jusqu’ici directeur des affaires d’Europe, l’épouse de l’homme politique et ancien ministre Maurice Kamto est promue au poste d’inspecteur général. Le chercheur Christian Pout est nommé sous-directeur de la coopération décentralisée dans les services centraux.  Longtemps chef de la cellule de la communication dans le ministère, l’expérience du journaliste Jean Batamag est l’une des rares expertises d’un autre corps sollicité sur le terrain. Il est nommé deuxième conseiller à Libreville.

Le Cameroun affiche désormais le professionnalisme de son appareil diplomatique. Le ministre des relations extérieures Lejeune Mbella Mbella est diplomate de formation.  Il a une carrière fulgurante sur le terrain. Le secrétaire général Felix Mbayu suit la même trajectoire. L’IRIC est dirigée par un diplomate de carrière depuis 2012. Après Pierre Emmanuel Tabi, c’est un autre diplomate, Salomon Eheth, qui a été nommé à la tête de cette école. Dans la gestion de la communication dans certaines ambassades du Cameroun, les diplômés de la filière compétente de l’IRIC  sont bien mis à contribution.

Sango Longue

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

cinq × 2 =