Accord du Cameroun avec le FMI : le gouvernement explique

 

Le ministre de la communication et une équipe d’experts étaient face à la presse. Ils ont fait toute la lumière sur le dernier accord signé entre le Cameroun et le FMI.

Le Cameroun n’a pas repris avec les programmes d’ajustement structurel du FMI. C’est le principal message du point de presse organisé un mois après la signature de cet accord. Cet accord n’est que l’aboutissement des résolutions du sommet d’urgence de la CEMAC tenu en décembre dernier à Yaoundé. Les six pays avaient résolu de poursuivre des négociations bilatérales avec le Fonds monétaire International. Le Cameroun obtient donc une facilité élargie de crédit au bout du processus. C’est désormais le principal outil du FMI dans le soutien aux pays en difficulté économique. Le Cameroun peut ainsi effectuer ses efforts de redressement économique. Le pays a été affecté par la baisse des réserves de la zone CEMAC, de 4400 à 1900 milliards FCFA.

Le FMI a donc accédé à la demande du Cameroun. Ce schéma n’a rien à voir avec celui des décennies précédentes. Au contraire, cet accord va permettre au Cameroun de tirer jusqu’à 175% du montant de ses réserves. Les réserves du Cameroun qui sont actuellement dans l’ordre de 275 millions de droits de tirage spéciaux. Le pays  pourra désormais tirer jusqu’à 483 millions de droits de tirage. En monnaie courante ce montant correspond à 666,2 millions de dollars soit 400 milliards FCFA. En plus de ces tirages, le Cameroun peut accéder à des financements bilatéraux additionnels de 887 milliards FCFA. 510 des 887 milliards seraient disponibles dès cette année. Ces milliards supplémentaires sont accessibles dans les guichets de divers partenaires du pays. Il s’agit notamment de la BAD (377 milliards), la Banque Mondiale (247 milliards), l’AFD (197 milliards) et l’Union Européenne (66 milliards)

Pour le remboursement de ces financements, le taux d’intérêt est de 0%. Le différé d’amortissement est de cinq ans et demi, avec une échéance maximale de dix ans. Le programme avec le FMI intègre des mesures de discipline budgétaire. Il s’agit pour l’État d’améliorer sa gouvernance. Ce n’est pas un effet des influences extérieures dans les choix économiques du Cameroun. Le pays trouve des ressources supplémentaires pour réaliser son programme économique. L’accord avec le FMI est donc perçu comme une opportunité pour la vision d’émergence en 2035. Le Document de Stratégie pour la croissance et l’emploi doit rester la seule boussole du pays. Ce point de presse a montré la résilience du Cameroun face à la chute des cours des prix du pétrole. Pourtant en zone CEMAC, la moyenne des taux de croissance a chuté à 0,7% et la dette publique à 4,6%.

Comme dans d’autres situations particulières, le ministre de la communication était plutôt bien entouré. Autour du ministre, il y avait notamment les représentants des ministères en charge des relations avec le FMI. Le secrétaire général du ministère des finances, Gilbert Didier Edoa a pris la parole. Le MINEPAT était représenté par le directeur général de l’Économie, Isaac Tamba. L’exécutif a également bénéficié de l’expertise de l’agrégé de sciences économiques Désiré Avom. Il est l’actuel doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Dschang. Dans l’échange avec les journalistes, ces experts ont dissipé les craintes de coupes salariales. Ils ont montré que la solution retenue par le gouvernement et le FMI éloigne toute dévaluation du franc CFA.

Sango Longue

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