Agro-industrie : Le Cameroun se lance dans la transformation industrielle du manioc

 

Depuis trois ans, le Centre d’incubation pilote (Cip) de Douala, mis en place par la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat, transforme le manioc en amidon et en semoule de manioc. Par ailleurs, il forme des jeunes gens aux techniques de transformation de cette denrée.

À la suite du Cip, deux autres projets sont en cours de réalisation. Il s’agit d’abord de la Société de transformation de manioc de Sangmélima (région du Sud), une société à capital public, fruit d’un partenariat entre la Ccima et la commune de Sangmélima. La construction de cette usine est pratiquement achevée. Elle aura coûté à ses promoteurs environ 1,2 milliard de F CFA.

Dès sa mise en service, la Sotrama va générer plus de 108 emplois directs et transformera 120 tonnes de manioc par jour, soit 48 000 tonnes par an. Elle produira de l’amidon dont on dit qu’il connaît une forte demande sur le marché international. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un investissement rentable.

Ensuite il y a Batouri dans la région de l’Est. Ici, un projet de production et de transformation de manioc est envisagé. 375 producteurs vont y exploiter une superficie totale de 750 ha. Les promoteurs de ce projet envisagent de transformer 25% des 45 000 tonnes de manioc qui y seront produits par an en amidon, tapioca et farine de manioc.

Pour les autorités gouvernementales camerounaises, comme le Cip de Douala, les projets de Sangmélima et de Batouri vont dans le sens de l’industrialisation du secteur agricole et de la valorisation de certains produits, un pas de plus vers l’avènement de l’agriculture de seconde génération prônée par le président Paul Biya.

Le succès de ces projets va, il va sans dire, nécessiter l’implication des populations locales qui devront fournir la matière première. Ce qui implique qu’elles devront aller au-delà des exploitations familiales dans lesquelles elles se sont jusqu’ici investies.

Marc OMBOUI

Cameroon Report

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