Énergie électrique : Le Cameroun construit sa première centrale à gaz

 

Le premier ministre camerounais Philemon Yang a procédé le 19 mars dernier à la pose de la première pierre des travaux de construction de la centrale à gaz de Mpolongwé, à quelques encablures de Kribi sur la côte atlantique camerounaise.Le gaz qui sera ainsi utilisé, sera du gaz naturel issu d’un nouveau champ gazier qui va être mis sur pied et exploité.

Première centrale du pays utilisant le gaz naturel, cette centrale, en plus d’employer 900 personnes, va injecter 216 mégawatts dans le réseau interconnecté sud au moment de sa mise en marche. Les travaux de construction, confiés à la société Wärtsila Finland, devront durer 23 mois, jusqu’à fin 2011, pour un coût de 170 milliards de francs CFA financés par AES Sonel, le partenaire stratégique de l’État du Cameroun en matière de production et de distributionde l’énergie électrique. La construction d’un poste de transformation et d’une ligne de transport de 100 kilomètres pour l’évacuation de l’énergie électrique vers le poste de conduite du réseau situé à Mangobè-Edéa quant à elle est confiée à Siemens/KFC.

Selon les experts, la centrale à gaz qui sera ainsi construite va permettre d’augmenter la fourniture de gaz domestique. En effet, la Société nationale des Hydrocarbures (SNH) entend récupérer une partie du gaz naturel livré à la centrale pour le liquéfier et le proposer aux consommateurs sous forme de gaz domestique.

M. Philemon Yang a saisi cette occasion pour saluer « les liens de confiance » qui existent entre l’État et AES Sonel. Pour lui, la construction de cette centrale est une «viabilisation du programme des grandes ambitions » du président Paul Biya. En effet, la centrale à gaz de Kribi sera construite après la centrale à fioul lourd de Yassa, à Douala, et s’inscrit dans un vaste programme qui vise à résorber le déficit d’énergie électrique dont souffre le Cameroun. Elle constitue une réponse aux attentes des populations en ce qu’elle va aider à éviter les délestages tant décriés notamment en période d’étiage.

Des projets encore plus ambitieux en matière d’énergie électrique devraient voir le jour dans les prochains mois. Il s’agit en particulier des barrages de Lom Pangar et de Memvé’élé dont les travaux sont annoncés, et ceux de Mekin et de Nachtigal dans les prochaines années.

Doté d’un potentiel remarquable, le second en Afrique après la République démocratique du Congo, le Cameroun souffre paradoxalement d’un déficit d’énergie électrique. L’État du Cameroun a, après les difficiles années de crise économique, entrepris d’y remédier. Pour ce faire, un plan stratégique a été arrêté par le ministère de l’Énergie et de l’Eau. Après la privatisation de la Société nationale d’électricité et la venue de AES, Electricity Development Cameroon (EDC), une société de patrimoine a été mise en place. Les efforts conjugués de ces deux sociétés commencent à produire des fruits. Et dans les prochaines, après la résorption du déficit, le Cameroun devrait devenir exportateur net d’électricité notamment vers le Nigeria et le Tchad qui en ont déjà fait la demande.

Pour la cité balnéaire de Kribi, connue à travers le monde pour ses plages de sable fin couleur d’or, après le terminal du pipeline Tchad-Cameroun qui permet d’évacuer le pétrole tchadien, et l’annonce de la construction de son port en eau profonde, la centrale à gaz qui va bientôt voir le jour, va lui permettre de devenir un véritable pôle de développement.

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