Franc CFA : les assurances du gouverneur de la BEAC

 

Il n’est pas prévu pour l’instant de dévaluation du franc CFA. C’est l’assurance donnée par le gouverneur de la BEAC à l’issue du Comité de politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale qui s’est tenu à Yaoundé le 11 juillet dernier.
L’information est de Abbas Mahamat Tolli. Le gouverneur de la BEAC réagissait ainsi aux folles rumeurs qui couraient ces derniers temps et qui tendaient à faire croire que la dévaluation du franc CFA était devenue inévitable.

« Les rumeurs sur la dévaluation du F CFA ont cours depuis quelque temps. Entretenues sur les réseaux sociaux et par une certaine presse, ces mesures apparaissent de manière épisodique sur la scène sous-régionale depuis le milieu des années 90, après la dévaluation intervenue le 12 janvier 1994. Ce phénomène n’est donc pas nouveau. Et, comme les autres fois, ces rumeurs sont sans aucun fondement. La spécificité aujourd’hui est que cette rumeur touche davantage la zone CEMAC, en épargnant cette fois-ci la zone UEMOA », a déclaré à la presse le gouverneur de la BEAC.

Il faut dire que depuis la tenue à Yaoundé au mois de décembre de l’année dernière d’un sommet des chefs d’État d’Afrique centrale sur la situation économique préoccupante de la sous-région, certains observateurs ont tendance à soutenir que la sortie de crise passe forcément par la dévaluation de la monnaie.

Mais pour les responsables de la CEMAC, s’il est vrai que la situation économique nécessite une thérapie de choc, la dévaluation du franc CFA n’est pas absolument nécessaire.

Mieux, pour le gouverneur de la BEAC, la situation financière de la CEMAC a même de quoi rassurer : « Le taux de couverture de la monnaie serait largement supérieur, se stabilisant autour de 60% en 2017, contre 14,8% en 2013, témoignant d’un coussin de réserves officielles encore confortable, de près de 2800 milliards de F CFA en 2017, contre 165 milliards en 1993. Ces réserves officielles, qui garantissent la stabilité externe de notre monnaie représenteraient 2,1 mois d’importations de biens et services en 2017, contre 1,3 mois en 1993 », a-t-il déclaré.

A cela, le patron de la Banque centrale ajoute que le compte d’opérations de la BEAC auprès du trésor français serait excédentaire de quelques 2600 milliards de F CFA en 2017, contre un déficit de 78,6 milliards fin 1993. En moyenne, le taux de couverture extérieure de la monnaie était de 21,9% sur la période 1990-1993, contre 80,9% sur la période 2013-2016 et une prévision de 60,4% sur la période 2017-2020.

Il faut dire que les pays de la CEMAC que sont le Cameroun, Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad, sont en effet en butte à une situation économique difficile due notamment à la chute des cours des matières premières et du pétrole en particulier. Ils ont négocié un plan de redressement avec le Fonds Monétaire International (FMI) qui s’étale sur trois ans.

Moane Ehindi

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