Au port de Kribi, le temps des derniers réglages avant l’exploitation

 

Le port de Kribi se met en partenariat avec Douala, pour préfigurer un hub portuaire camerounais diversifié.

Il y avait un intérêt soutenu du public pour la signature de l’accord cadre de partenariat entre le Port Autonome de Kribi et celui de Douala. Un intérêt qu’on devrait plutôt présenter comme le signe d’une certaine impatience des populations quant à la mise en exploitation du port de Kribi, dont les capacités constituent un potentiel énorme pour le pays. Le port en eau profonde n’a pas accueilli son premier navire commercial au premier trimestre de 2017 comme laissaient entendre certaines confidences.  (et son propriétaire) et le consortium adjudicataire des concessions pour la gestion des terminaux. Il s’agit de Necotrans –KPMO pour le terminal polyvalent et Bolloré – CMA- GGM – CHEC pour le terminal à conteneurs.  Les parties ont pris beaucoup de temps pour s’accorder sur certaines modalités. Après cette signature qu’on dit imminente, il faut prévoir trois mois de mise en place. En attendant les opérations de simulation se poursuivent ainsi que la mise en place des services administratifs et sécuritaires nécessaires à l’exploitation d’un port. Entre temps, en février un accord a été signé avec l’opérateur chargé du remorquage et l’amarrage.

Devant le ministre de transports, Cyrus Ngo’o, DG du PAD et Patrice Melom DG du PAK, ont signé un accord de partenariat qui est l’aboutissement de quelques mois de travaux exploratoires. Les actifs qui étaient gérés à titre transitoire par le Port Autonome de Douala sont cédés au Port Autonome de Kribi. Il s’agit du suivi et de la gestion des activités d’exploitation portuaire notamment les fonctions de facturation et de recouvrement dans la circonscription portuaire de Kribi. Pendant six mois, le PAD a la responsabilité de transférer progressivement certaines missions au PAK. Il s’agit du pilotage des navires à proximité des installations pétrolières, de la veille sécuritaire, de la facturation des prestations et de l’occupation du domaine portuaire. C’est une phase d’accompagnement que le port de Douala va exercer conformément à la loi. Ce sont les procédures et les modes de facturation valables à Douala qui seront ainsi mis en œuvre à Kribi. Le personnel du PAD en service à Kribi sera transféré au Port Autonome de Kribi. Ils y transmettront leurs compétences dans l’exploitation et la gestion portuaire. En attendant la mise en exploitation du Port, ces personnels vont gérer les escales de navires dans les terminaux d’Ebome et de Kome. Ce sont 5% des effectifs du PAD qui seront transférés au PAK.

La signature de l’accord

L’accord revêt aussi un caractère stratégique. Les ports de Kribi et de Douala veulent construire une relation de complémentarité pour préfigurer une sorte de hub portuaire camerounais. Plutôt que se lancer dans une concurrence nationale, les deux ports participent à construire une stratégie nationale basée sur les atouts de chaque plateforme. Ainsi le port de Douala fort de son déploiement dans l’hinterland sous régional va continuer à alimenter le corridor Douala – Ndjamena – Bangui. Le port de Kribi, fort de son tirant d’eau, aurait une dimension plus internationale, servant plutôt à attirer des grands navires.  Un comité paritaire a été mis sur pied entre les deux ports. Cette équipe conjointe travaille à élaborer des plans stratégiques. Sous la régulation de l’Autorité Portuaire Nationale et l’autorité du ministre des transports, Le Cameroun construit ainsi son attractivité dans le golfe de Guinée à travers une offre portuaire diversifiée capable de porter les objectifs de développement du pays. L’État camerounais travaille déjà à mettre en route les autres modules du complexe industrialo-portuaire de Kribi, pour satisfaire des sollicitations qui seront dès 2020 au-dessus des capacités de la plateforme actuelle.

Sango Longue

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