Production de l’électricité : Le Cameroun veut impliquer les PME

 

L’État du Cameroun veut voir le secteur privé s’impliquer plus dans le secteur de l’électricité et, en particulier, en matière d’électrification rurale. Selon les autorités en charge de ce secteur économiquement rentable, les opportunités d’investissement ne manquent pas. En effet, sur une population de près de 23 millions d’habitants, seuls 850 000 sont abonnés au réseau national d’électricité, soit un taux de couverture nationale d’à peine 6 à 7%.
Cette situation est d’autant plus paradoxale que le Cameroun dispose du deuxième plus important potentiel hydroélectrique en Afrique au sud du Sahara. Pour sa part, depuis quelques années, l’État s’est engagé à mettre en valeur ce potentiel en construisant un barrage de retenue à Lom Pangar, et deux barrages hydroélectriques à Memve’ele et Mekin. D’autres projets devraient démarrer incessamment. Par ailleurs, la législation relative à la production de l’électricité a évolué dans le sens de la libéralisation. Ceci devrait permettre au Cameroun de réduire son déficit en électricité. Le pays a par ailleurs élaboré un plan qui devrait lui permettre, à moyen terme, d’atteindre l’autosuffisance en matière d’électricité, et plus tard de devenir exportateur de cette denrée.

Le secteur de l’électricité est extrêmement rentable pour les investisseurs. Selon Jean Pierre Kedi, directeur général de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEL), avec seulement 1000 mégawatts, l’opérateur « Aes-Sonel réalise un turn-over de plus de 600 milliards de F CFA ». Ceci devrait, selon lui, encourager les PME à investir dans l’électrification rurale. Il y a là, aux dires de M. Kedi, beaucoup d’argent à gagner.
Au Cameroun, on déplore le peu d’engouement des PME à investir dans les énergies renouvelables et l’électrification rurale. C’est pour faire face à cette situation et aider à lever toutes les barrières d’ordre institutionnel, réglementaire ou financier, que, avec l’aide de l’Union européenne, le gouvernement camerounais a mis en place le projet Invest’Elect (Initiative de promotion des investissements privés dans le sous-secteur de l’électrification rurale). Piloté par l’Agence de régulation du secteur de l’électricité, Invest’Elec s’emploie à faciliter l’accès des PME dans ce secteur. Depuis quelques jours (du 7 au 11 avril 2014), l’ARSEL organise à Douala, la capitale camerounaise des affaires, un atelier de formation appliquée sur le montage des projets des petites centrales électriques en biomasse.

Grâce à un consultant, Invest Elec a déjà identifié 200 sites hydro et de biomasse de moins de 5 MW qui pourraient être mis en valeur par les PME. Sur le succès de cette initiative, les responsables de l’ARSEL se montrent optimistes et croient dur comme fer que, dans quelques années, le Cameroun peut devenir un pays émergent sur le plan de l’accès à l’électricité.

Marc OMBOUI
Cameroon Report

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