Cinquantenaire de la réunification du Cameroun : Un grand moment de cohésion nationale

 

Initialement prévu en 2011, le cinquantenaire de la réunification du Cameroun se célèbre cette année à Buea, chef-lieu de la région du Sud-Ouest, ancienne capitale du Cameroun occidental et ancienne capitale du Cameroun sous administration allemande. Les manifestations qui ont commencé de manière intensive le 16 février, vont atteindre leur point culminant le jeudi 20 février. Il est notamment prévu en matinée un grand défilé à la Place des fêtes de Buea sous la présidence du chef de l’État camerounais et, en soirée, une réception à la résidence présidentielle de Buea.

La volonté du président de la République est que cette célébration se fasse à travers toute l’étendue du territoire national. Des marches, des activités d’intérêt communautaire, etc., ont ainsi été organisées à cet effet. Cependant, la ville de Buea constitue la nervure centrale des manifestations organisées à cette occasion. Paul Biya et son épouse Chantal Biya y sont en effet arrivés le 18 février dans une ambiance extrêmement chaleureuse, et ont été accueillis par une foule nombreuse et heureuse que cet événement attendu depuis un peu plus de deux ans se tienne.
Il faut dire que la préparation de cette célébration a permis de changer substantiellement le visage de Buea qui a désormais des allures d’une ville moderne. En effet, environ 30 milliards de F CFA y ont été investis pour la doter d’infrastructures diverses : routes, adductions d’eau, fourniture d’électricité et éclairage public, rénovation des structures hôtelières, etc.

Un monument des cinquantenaires

Le 19 février, le chef de l’État camerounais a procédé à l’inauguration du monument des cinquantenaires de l’indépendance et de la Réunification, un édifice construit spécialement à l’occasion de cette célébration et qui symbolise la volonté des Camerounais de vivre ensemble et, surtout, de construire un pays uni, fort et prospère. Interviewé par la presse, Paul Biya a déclaré que le monument dont il venait de dévoiler la plaque commémorative est « magnifique » et « explicite », et qu’il représente bien l’unité du Cameroun dans sa diversité.
Des activités diverses, intellectuelles et culturelles, sont organisées depuis plusieurs mois en prélude à cet événement par le comité national d’organisation que préside le ministre directeur du cabinet civil de la présidence de la République, Martin Belinga Eboutou. Parmi ces activités, une série de conférences ont été organisées à Foulassi, berceau de l’hymne national du Cameroun, Foumban où se tint la conférence qui conduisit à la réunification du pays, et Yaoundé, actuelle capitale politique du Cameroun.
En guise de conclusion à cette série de conférences, un grand colloque s’est tenu le 17 février à Buea sur le thème «De la réunification à l’intégration, 50 ans de construction nationale». Il a réuni d’éminents universitaires et des personnalités importantes du monde politique sans exclusive. En interrogeant les bases et le processus de réunification du Cameroun, ce colloque a permis d’envisager les meilleurs moyens de renforcer l’unité et la cohésion nationales du pays.

« La marche en avant »

Les activités culturelles sont elles aussi nombreuses à être organisées à l’occasion de cette célébration : des services inter-religieux, des concerts géants, des soirées culturelles, des spectacles de musiques et de danses patrimoniales, etc. Le point saillant de ces manifestations culturelles a été le spectacle tout en sons et lumières, une espèce de fresque historique du Cameroun intitulée « La marche en avant ». Le spectacle a eu lieu sur le campus de l’université de Buea et a permis de retracer l’histoire du Cameroun, de l’arrivée des explorateurs portugais jusqu’à aujourd’hui, en passant par la colonisation allemande, les administrations anglaise et française, l’accession à l’indépendance, la réunification, et la lutte pour l’émergence du pays. Le public, très nombreux, qui y a assisté n’a pas manqué d’apprécier. Ce spectacle a également permis de magnifier un certain nombre de personnalités, des héros nationaux qui ont œuvré chacun à sa manière pour l’indépendance et la réunification du Cameroun.
Par ailleurs, en signant un décret portant commutation et remise des peines pour des personnes condamnées pour des personnes diverses, le chef de l’État a frappé un grand coup. Selon certains juristes, ce décret, qui touche aussi des personnes condamnées pour crimes économiques, pourrait conduire à la libération de quelques prisonniers célèbres accusés de détournement de deniers publics, Titus Edjoa, Michel Thierry Atangana, et d’autres encore. Les jours à venir permettront certainement d’y voir plus clair.

Le 1er octobre 1961, faut-il le rappeler, le Cameroun occidental anglophone et le Cameroun oriental francophone ont décidé de se réunifier. Cette démarche va donner naissance à la République fédérale du Cameroun ; puis, en 1972, à la République unie du Cameroun, laquelle va faire place à la République du Cameroun en 1984.

LIRE LE DISCOURS DU PRÉSIDENT BIYA EN ENTIER

Marc OMBOUI
Cameroon Report

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