Crise anglophone : l’ONU soutient le gouvernement camerounais

 

 

Répondant aux allégations de certains acteurs de la scène politique qui l’accusent d’attentisme, l’institution internationale déclare soutenir « toutes les mesures prises dans le sens de ramener la paix et la stabilité » dans les régions anglophones du Cameroun.

Depuis la montée de la tension dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun du fait de la grève des avocats et des enseignants, certains hommes politiques tentent par divers moyens de faire de la récupération au lieu d’apporter leur concours à la résolution du problème. Il en est ainsi, par exemple, du président du parti MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) dont le président, M. Maurice Kamto, a récemment, au cours d’une conférence de presse à Yaoundé, pris à partie la communauté internationale et l’ONU en particulier, qu’il accuse d’ « attentisme ».

Le président du MRC affirme sans ambages: « La communauté internationale est restée étrangement silencieuse depuis le début de cette crise devenue meurtrière, qui compromet l’avenir éducatif des jeunes Camerounais des régions anglophones, et accroît la difficulté de vivre des populations déjà appauvries. On n’a entendu ni le Secrétariat général des Nations Unies, ni le Haut-Commissariat des Droits de l’Homme des Nations Unies, ni le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique Centrale, ne parlons pas du Centre pour la Démocratie et les droits de l’Homme de Yaoundé qui est inexistant. Aucune commission d’enquête, aucun communiqué sur les événements ».

Une déclaration pour le moins curieuse de la part d’un éminent enseignant de droit qui ne peut s’expliquer que par la volonté  de faire flèche de tout bois. D’ailleurs, on n’a pas attendu longtemps la réplique du berger à la bergère. La réponse des Nations-Unies est en effet venue à travers François Louncény Fall, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et Chef du Bureau régional des Nations Unies  pour l’Afrique centrale, qui, au cours d’une conférence de presse, a balayé d’un revers de la main les accusations de Maurice Kamto sur l’indifférence de la Communauté internationale au sujet de la crise dans les régions anglophones au Cameroun.

Mieux, M. Louncény Fall, a, à la suite d’une audience que lui a accordée le ministre camerounais des Relations extérieures,  exprimé « le soutien des Nations Unies à toutes les mesures prises dans le sens de ramener la paix et la stabilité dans cette partie du pays ». De quoi clouer le bec à tous ceux qui, comme M. Kamto, attendent que les solutions aux problèmes du Cameroun viennent d’ailleurs. En réalité, ils tentent d’envenimer la situation, avec le secret espoir d’en tirer quelque bénéfice…

Pendant ce temps, le Président Paul Biya et son gouvernement multiplient les initiatives endogènes pour que, progressivement et avec méthode, la situation se normalise. Résultat : en dehors de quelques irréductibles, la plupart des établissements scolaires du Nord-ouest et du Sud-ouest ont rouvert pour la rentrée scolaire du troisième trimestre. Pour leur part, les avocats sont attendus devant les prétoires dès le 2 avril prochain. Un véritable camouflet pour les pêcheurs en eaux troubles.

Moane Ehindi

 

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