La manifestation publique du SDF, du 21 octobre à Douala, est interdite.

 

Le député SDF Jean Michel Nincheu avait obtenu d’organiser une manifestation publique ce samedi. Elle a été interdite jeudi par le sous-préfet de Douala 1er.

Le sous-préfet de l’arrondissement de Douala 1er a diffusé jeudi un communiqué largement repris par les médias  camerounais. Dans ce document, Jean Marie Tchakeu Noundie annonce que la manifestation projetée est formellement interdite. Cet administrateur civil principal Hors Echelle met en garde contre tout contrevenant à  cette interdiction. Pour le sous-préfet, « la mauvaise foi des organisateurs de cette manifestation est établie ». Il note ainsi que la modification de l’objet déclaré de la manifestation est de nature à troubler l’ordre public. Il craint ainsi qu’elle puisse comporter de sérieuses menaces à la sécurité des personnes et des biens.

 

Pour comprendre la position du sous-préfet, il faut lire tout son argumentaire. L’objet de la manifestation sur le récépissé de déclaration était d’exprimer la solidarité aux populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.  Pour le sous-préfet, la manifestation publique était de plus en plus annoncée comme un cadre de revendication intempestive, d’appel à la haine, à la violence, à la révolte et à l’insurrection. L’autorité administrative relève, en outre, que les organisateurs affirmaient  vouloir dénoncer « de prétendus massacres perpétrés à grande échelle » et « une prétendue militarisation et des déportations massives de populations ».

Ces derniers jours, plusieurs acteurs et organisations politiques avaient également annoncé leur participation à cette manifestation publique. En analysant leur communication, le sous-préfet observe ainsi comme une volonté de mener des actions de provocation. Il parle aussi d’intention de lancer des mots d’ordre sans aucun rapport avec  le but initial de cette manifestation publique.  Jean Marie Tchakeu Noundie affirme que son analyse de la situation repose sur les messages tendancieux lus dans les réseaux sociaux, des tracts mis en circulation et des messages repris par certains journaux. Le représentant de l’Etat croit ainsi avoir pris ses responsabilités.

Ce feuilleton a commencé il y a trois semaines. Le ministre d’Etat Laurent Esso, chef de la délégation permanente du Rdpc,  annonce un meeting (suivi d’une marche) le 1er octobre à Douala. La manifestation publique faisait suite à un appel du comité central du RDPC. Il était question de mobiliser l’opinion pour l’unité nationale, 66 ans après la réunification. Le député SDF Jean Michel Nincheu prend l’opinion à témoin pour observer la tenue d’une manifestation  publique alors que d’autres sont interdites. Il obtient aisément d’organiser la sienne ce 21 octobre. La radicalisation progressive du discours ne lui permettra pas d’exercer cette liberté publique.

Sango Longue

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

6 + 15 =