Cameroun – explosion de bombes artisanales à Bamenda

 

La première bombe, de fabrication artisanale, a explosé samedi soir dans un taxi qui se dirigeait vers le marché des vivres de la ville de Bamenda. L’explosif a été dissimulé dans un haut-parleur. Ses propriétaires ont fui abandonnant seul le chauffeur du taxi dans lequel ils étaient. L’information est relayée par la presse locale.

Quelques minutes plus tard, une seconde bombe artisanale a explosé au lieudit Hospital Round About, un endroit très fréquenté, sans faire de victime. L’arrivée de la police a permis de découvrir un autre engin qui n’a pas explosé. Cette bombe a été désamorcée par une équipe du Bataillon d’Intervention rapide (BIR), une unité spéciale de l’armée.

La presse locale indique par ailleurs que deux autres bombes artisanales ont été découvertes plus tard au palais des Congrès de Bamenda où une messe était prévue le lendemain dimanche. Ces bombes ont été désamorcées.

Les explosions ainsi enregistrées, qui n’ont pas été revendiquées, sont quelque chose d’inédit dans cette région et même sur l’ensemble du territoire national, en dehors du phénomène relativement récent de la secte terroriste Boko Haram qui sévit dans la partie septentrionale du pays.

Il y a quelques semaines, le gouvernement annonçait l’arrestation de six individus liés au mouvement sécessionniste et qui portaient sur eux des armes et des explosifs. Pour les observateurs, tout cela pourrait avoir un lien avec les remous sociaux enregistrés dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest et des velléités sécessionnistes de certains mouvements.

Ces mouvements, qui se sont cachés derrière les revendications corporatistes des enseignants et des avocats anglophones, ont tout mis en œuvre pour empêcher le bon déroulement de la dernière année scolaire dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Depuis quelques semaines, usant de menace et d’intimidation, ces mouvements, qu’on dit téléguidés de l’étranger, restent très actifs. A travers des opérations villes-mortes et des actes de vandalisme, ils perturbent la rentrée scolaire, empêchent les enfants de reprendre le chemin de l’école, et gênent l’activité économique.

Pour les observateurs, si ces mouvements en viennent à poser des bombes, cela pourrait constituer une grave escalade dans une situation que certains ont peut-être intérêt à voir devenir de plus en plus complexe.

Moane Ehindi

 

 

 

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