Cameroun – Le ministre de la Défense est à Buea ce jeudi

 

Le ministre de la Défense y préside ce jour une réunion d’évaluation de la situation sécuritaire des deux régions affectées par cette crise dite anglophone

Le fait est inhabituel. C’est pourquoi il retient donc  l’attention des médias et des analystes. Le ministre de la Défense déplace ainsi son état-major à Buea le temps d’une journée. Le communiqué indique aussi que le ministre de la Défense y préside ce jour une réunion d’évaluation de la situation sécuritaire des deux régions affectées par cette crise dite anglophone . Il va y présider une réunion d’évaluation de la situation sécuritaire.  « La réunion passera au crible la situation sécuritaire et évaluera le fonctionnement des divers dispositifs sur le terrain pour les adapter le cas échéant à l’aune du respect de la Loi et de l’ordre ». Si le communiqué du ministre de la Défense précise que la réunion se déroule à huis clos, on note que la tenue de la réunion a bel et bien fait l’objet d’annonce dans les médias.

L’autre élément important est le profil des personnes conviées à cette réunion.  La réunion est ainsi ouverte aux gouverneurs des deux régions concernées. Adolphe Lélé L’Afrique  du Nord-Ouest rejoindra et son collègue Bernard Okalia Bilai.  Les hauts responsables des forces de défense et de sécurité seront aussi autour du ministre de la Défense. Il s’agit,  à la fois des responsables centraux et des responsables territoriaux de toutes les catégories des forces. Jusqu’à une date récente, la gestion de cette crise avait été confiée à la police et  à la gendarmerie.  Faut-il s’attendre à l’entrée en scène des militaires? Cette question ne peut plus être incongrue.

La présence des responsables des parquets des tribunaux militaires est aussi une autre indication forte de la qualité des sujets susceptibles d’être abordés au cours desdites assises. La question du respect de l’État de droit dans le déploiement des forces de défense et de sécurité, l’implication des personnes libérées récemment dans les dernières manifestations sont des enjeux importants de l’heure. Il est urgent pour l’État de reprendre complètement le contrôle de ces deux régions. Le Nord-ouest et le Sud-ouest sont paralysés depuis exactement un an par cette crise anglophone. Le ministre de la Communication dénonçait une présence accrue d’armes de tous calibres dans cette zone.

Le contexte de cette réunion est aussi bien connu. Elle intervient effectivement au lendemain des deux journées d’actions des militants sécessionnistes. Le 22 septembre et le 1er octobre, des populations ont tenté de s’attaquer aux institutions pour déclarer l’indépendance d’une partie du territoire du Cameroun. Les violences consécutives à ces velléités sont aujourd’hui exploitées à diverses fins. Parallèlement, les rumeurs les plus incessantes circulent dejà sur un plan d’action de ces activistes. Le gouvernement veut-il mettre en place une stratégie offensive pour enrayer la nuisance de ces fauteurs de troubles ?  ? Ces questions trouveront des réponses dans la qualité des actes qui suivront cette réunion.

Sango Longue

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