Cameroun – Patrice Nganang expulsé vers les Etats-Unis

 

Selon diverses sources médiatiques, l’écrivain d’origine camerounaise et enseignant dans une université américaine, a été libéré par le tribunal de première instance de Yaoundé ce 27 décembre 2017, avant d’être expulsé vers les Etats-Unis. Par ailleurs, son passeport camerounais lui a été retiré.

Patrice Nganang avait été arrêté par la police le 6 décembre 2017 à l’aéroport international de Douala alors qu’il essayait d’embarquer à bord d’un vol à destination du Zimbabwe, le pays de son épouse.

Il lui était reproché d’avoir publié sur sa page Facebook un texte dans lequel il affirmait que s’il en avait l’occasion, il tirerait une balle dans le front du chef de l’Etat camerounais. Ce qui a été interprété comme une menace de mort par les forces de sécurité camerounaises. Patrice Nganang a ensuite été traduit devant le tribunal de première instance de Yaoundé.

Poursuivi pour « apologie de crime » et « menaces », il a été présenté deux fois devant le jugé et plaidé non-coupable. Il lui était également reproché de détenir deux passeports, un camerounais et un autre américain. Son procès avait été renvoyé au 19 janvier 2018, et sa libération avant cette date intervient comme une surprise pour les observateurs.

Bien qu’aucune annonce officielle n’ait été fait à cette occasion, l’on est tenté de croire que la décision de l’élargir ce détenu plutôt encombrant serait venue des plus hautes instances de l’Etat, si ce n’est du chef de l’Etat lui-même.

La décision de Patrice Nganang était en effet diversement appréciée par les Camerounais. Si pour certains l’écrivain avait des comptes à rendre à la justice camerounaise pour les menaces contenues dans son post sur Facebook, d’autres, par contre, soutenaient qu’il ne fallait pas accorder plus d‘importance qu’ils ne méritaient à des propos d’écrivain. Certains se sont mobilisés et ont recueilli des signatures pour exiger sa libération.

Son avocat, Me Emmanuel Simh, avait alors dénoncé « une procédure à caractère purement politique (…) contre quelqu’un qui a des positions connues et tranchées contre le régime de M. (Paul) Biya », président de la République. Le débat s’est d’ailleurs transporté dans les milieux intellectuels sans jamais faire l’unanimité.

Moane Ehindi

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