Cameroun: Florent Etoga Eily, For ever

 

Au cours de ses obsèques tenues le 7 avril 2018 dans son village natal, Soa, à une dizaine de kilomètres de Yaoundé, un vibrant hommage a été rendu à Florent Etoga Eily, le premier directeur général de la Cameroon Radio Television, la radiotélévision de service public du Cameroon.

Décédé le 17 février dernier à l’âge de 82 ans, Florent Etoga Eily a été inhumé au cours d’une messe pontificale présidée par Mgr Sosthène Bayemi Matjei, évêque d’Obala, et en présence d’un parterre de personnalités parmi lesquelles le président du Conseil constitutionnel, des membres du gouvernement camerounais, des parlementaires, des amis et parents et une foule nombreuse.

Le chef de l’État, dont Florent Etoga Eily était un proche, était représenté à ces obsèques par Philippe Mbarga Mboa, ministre chargé de mission à la présidence qui, en son nom, a élevé le défunt à la dignité de Commandeur à titre posthume.

De nombreux témoignages ont été présentés à cette occasion, les uns aussi émouvants que les autres. On a ainsi pu écouter entre autres, Valère Abanda Metogo, ami du défunt, Pascal Baylon Owona du cercle Clavis, le Pr Touna Mama de l’association Mvog Onamnye, le général Pierre Semengue, son camarade de classe au lycée Leclerc de Yaoundé, le directeur général de la CRTV, Charles Ndongo.

Tous ont brossé le portrait du défunt en des termes les plus élogieux et évoqué des souvenirs passés avec Florent Etoga Eily, l’homme de culture, le haut commis de l’État, le laïc engagé et le grand patriarche Beti.

Tour à tour, Florent Etoga Eily a été présenté comme un monument d’érudition, un aristocrate de la plume, l’intellectuel chrétien, la clef de voûte du cercle Clavis, un digne tuteur de la République, le mécène sportif, un patriarche esthète. Les mots honneur, bravoure, dignité, élégance, noblesse, fierté, sont souvent revenus dans les discours.

Le directeur général de la CRTV, Charles Ndongo, pour sa part, s’est attardé sur le patron exemplaire, l’homme qui a porté la radiotélévision de service public sur les fonts baptismaux, l’amour et l’ambition qu’il a eues pour cette entreprise.

Après son baccalauréat en philosophie obtenu en 1956, Florent Etoga Eily poursuit des études universitaires en France. Il y obtient de nombreux diplômes dont, entre autres, un diplôme d’études supérieures de droit privé, une maitrise de lettres classiques, un doctorat de 3e cycle et un doctorat d’État ès-lettres.

De retour au Cameroun, il occupe de nombreuses fonctions dans la haute administration. Il est, entre autres, secrétaire général du Conseil économique et social, le premier directeur general de la Société camerounaise de publication (éditrice de Cameroon Tribune), premier directeur general de la CTV puis de la CRTV.

Florent Etoga Eily est l’auteur d’un certain nombre d’ouvrages parmi lesquels : Sur les chemins du développement : essai d’histoire des faits économiques du Cameroun (CEPMAE, 1971), Mgr Jean Zoa : Aimer et servir (Éditions CAPE, 1986), Credo ou l’échelle de Jacob (presse de l’UCAC, 2004). Il a apporté une contribution appréciable à l’ouvrage Paul Biya ou l’incarnation de la rigueur, puis le Renouveau camerounais, certitudes et défis (Éditions de l’ESSTI, 1983).

Au final, au moment où il quitte le monde des vivants, Florent Etoga Eily laisse l’image d’un humaniste qui a marqué son époque.

Marc OMBOUI

 

 

 

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