Cameroun – Gottlieb Lobe Monekosso quitte la scène

 

Les obsèques du professeur Gottlieb Lobe Monekosso, décédé le 19 novembre 2017 à l’âge de 89 ans, débutent ce jeudi 11 janvier. Après une carrière professionnelle exceptionnelle, l’éminent médecin et universitaire mérite des obsèques dignes de son rang.

Premier directeur du Centre Universitaire des Sciences de la Santé (CUSS) devenu faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’Université de l’Université de Yaoundé II, il a également été le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, avant d’être nommé ministre de la Santé publique du Cameroun en 1997, il va occuper jusqu’en 2000, avant de se retirer dans son village.

A travers ses multiples casquettes de médecin, enseignant, écrivain, homme politique et fonctionnaire international, Gottlieb Monekosso est reconnu comme étant l’une des personnalités africaines ayant le plus œuvré à l’amélioration de la santé des populations.

Né à Dibombari dans la région du Littoral au Cameroun, Gottlieb Lobe Monekosso fait ses études primaires et secondaires au Nigéria. Il étudie par la suite à l’institut suprême de Yaba au Nigéria, avant d’embrasser les études médicales dans la prestigieuse université de Londres. Il poursuit alors une spécialisation en médecine interne et médecine tropicale et en chirurgie, jusqu’à l’obtention de son doctorat en 1957. Il est alors admis à l’académie r o y a l e d e s médecins.

Revenu en Afrique, il enseigne au CHU d’Ibadan (Nigeria), à l’institut universitaire Makerere à Kampala (Ouganda), puis à l’université des Antilles en Jamaïque.

Devenu professeur en 1963, il dirige le département de médecine de la faculté de médecine de Lagos, nouvellement créée. Cinq ans plus tard, le Pr Monekosso occupe le poste de doyen de la faculté de médecine de Dar-Es-Salam en Tanzanie.

Gottlieb Lobe Monekosso va par la suite être sollicité par les autorités camerounaises pour diriger le Centre universitaire des sciences et de la santé (CUSS) en cours de création. Il s’acquittera de cette tâche avec brio, entre 1969 et 1978.

C’est un homme pétri d’expérience qui va, à partir de 1980, entamer une carrière au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). D’abord représentant de l’OMS pour les régions Jamaïque et Antilles du Nord, le Pr Gottlieb Lobe Monekosso est appelé à exercer comme Directeur régional de l’OMS zone Afrique, en 1985.

Pendant 10 années, le Pr Gottlieb Lobe Monekosso s’attèle à mettre en œuvre les résolutions issues de l’initiative de Bamako, à travers la décentralisation du secteur de la santé et la mise en place des districts de santé, dans le but de les de proximité soins de santé. Pendant cette période il œuvre également à la mise en place des premiers programmes de lutte contre le Sida en Afrique, alors que la pathologie vient d’être découverte et cause des ravages sur le continent.

Parallèlement, il est dans la même période membre du comité exécutif de l’OMS, et conseiller à l’Union Africaine ainsi qu’à la commission économique pour l’Afrique de l’ONU.

A l’issue de son mandat, le Pr Monekosso rentre au Cameroun en 1995 et, convaincu que santé et développement sont les deux faces d’une même pièce, il fonde Global Health Dialogue, une fondation dévolue à la santé et au bien-être des jeunes.

L’homme a reçu plusieurs distinctions, la plus prestigieuse étant la médaille Queen Elisabeth II en signe de reconnaissance de ses œuvres dans le domaine de la santé publique.

Auteur de plusieurs ouvrages dont « Travels Without Stethoscope », son dernier livre publié il y a cinq ans, c’est un véritablement un monument de la santé que le Cameroun vient ainsi de perdre.

Moane Ehindi

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