Cameroun – Le gouvernement en croisade contre le cannabis

 

La consommation des stupéfiants en général, et du cannabis, en particulier, notamment par les jeunes est devenue un sujet extrêmement préoccupant au Cameroun. A un point tel que le gouvernement a dû lancer une campagne de lutte contre ce fléau social. Un Comité interministériel de lutte contre la culture et le trafic du cannabis a été mis en place.

Un phénomène préoccupant

Des statistiques du ministère de la Santé publique indiquent que 60% de jeunes, indépendamment de leurs lieux de résidence, de 20 à 25 ans, ont consommé la drogue, qu’elle soit licite (alcool, tabac etc.) ou illicite (cannabis, tramadol non autorisé, Diazepam, benzodiapines, cocaïne, etc.), tandis que 12 000 de jeunes scolarisés, âgés de 13 à 15 ans notamment, consomment du cannabis.

Selon des enquêtes menées dans différents établissements scolaires, il est établi que ces produits sont introduits soit par vendeurs de produits alimentaires, soit par les élèves eux-mêmes parmi lesquels quelques clandestins.

Il va sans dire que la consommation de la drogue en milieu scolaire est favorisée par le relâchement de la discipline, mais aussi par la démission des parents qui, très souvent, abandonnent leurs enfants à eux-mêmes.

Des conséquences graves

La consommation du chanvre indien et des autres drogues par les élèves déteint négativement sur leurs performances scolaires et même sur leur santé mentale.

Dans une interview accordée à Cameroon Tribune, le Coordonnateur du Secrétariat technique du Comité interministériel de lutte contre la culture et le trafic du cannabis, Antoine Maina, s’étend sur les conséquences de la consommation de la drogue et note au plan socio-économique, l’effritement du tissu social porté par une franche de notre jeunesse, la prostitution, le terrorisme, l’insécurité, les échecs scolaires et l’économie criminelle. Au plan sanitaire, les victimes connaissent une dégradation rapide de leur structure mentale qui influe sur leurs comportements.

Au plan sécuritaire, Antoine Maina relève que « les trafiquants et consommateurs de stupéfiants sont exposés aux actes violents et inexplicables, à la manipulation, à l’instrumentalisation, à la barbarie qui expliquent leur adhésion facile aux groupes de criminels, aux mouvements insurrectionnels ou sécessionnistes observés dans certaines régions de notre pays ainsi qu’à la commission d’actes déshumanisants et assassins qui font l’actualité ces derniers temps dans notre pays ».

La lutte contre le fléau

Les établissements scolaires essayent par divers moyens de lutter contre ce qui a tendance à prendre des allures de fléau. Sans grand succès.

La société civile et les pouvoirs apportent leur contribution par le biais de la sensibilisation. Le gouvernement, pour sa part, a décidé de prendre le taureau par les cornes. Un Comité interministériel de lutte contre la culture et le trafic du cannabis a été mis en place.

C’est ce Comité qui est à l’origine de campagne de sensibilisation que le gouvernement vient de lancer. Il est question de saisir le prétexte de la fête de la jeunesse qui s’annonce pour conscientiser toute la communauté éducative, y compris les parents, ainsi que la jeunesse extra-scolaire, sur les effets ravageurs de la culture, du trafic et de la consommation du cannabis et autres stupéfiants.

Avant cette campagne, le gouvernement a mis la police à contribution pour lutter contre le fléau. En effet, des policiers du Commandement central du groupement mobile d’intervention (Ccgmi) patrouillent souvent autour des établissements scolaires et universitaires. Objectif :  traquer la drogue, l’alcool et les autres substances illicites chez les jeunes scolarisés, prévenir la criminalité ou encore lutter contre le racket et les agressions contre des élèves et des étudiants.

Mais le combat est, il faut bien le reconnaître, loin d’être gagné.

Moane Ehindi

 

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