Cameroun – Les clubs de football de l’arrière-pays imposent leur loi

 

Eding Sport, le très anonyme club du département de la Lekié, était déjà sûr de remporter le titre depuis plusieurs journées et est effectivement à tête du classement à la 34e journée. Coton Sport de Garoua et Apejes de Mfou, quant à eux, ont dû attendre la dernière journée pour s’assurer respectivement les deuxième et troisième places du championnat qui leur offrent un ticket pour les compétitions africaines.La surprise est venue des équipes reléguées en division inférieure. En tête de celles-ci, il y a bien sur le Canon de Yaoundé. Le club de Nkondongo, probablement le plus ancien et l’un des plus capés du Cameroun, n’avait jamais connu la deuxième division. A la fin de cette saison, il est lanterne rouge juste après le modeste Lion blessé de Foutouni.

En réalité, ceux qui suivent de près le championnat de football du Cameroun savent que c’est depuis quelques années que le Canon échappe régulièrement et souvent de justesse à la descente aux enfers. Le club est devenu l’ombre de lui-même et, livré aux joutes internes de leadership, il lui a cruellement manqué les ressources financières sans lesquelles toute ambitions sont vaines.

Conséquence, l’équipe qui pouvait se vanter de remporter les doublés coupe-championnat et se comptait parmi les plus grands clubs du continent africain était réduit à fermer la queue des deux principales compétitions nationales.

Comme le Canon, Racing de Bafoussam, quatre fois champion du Cameroun, l’un des clubs parmi les plus prestigieux du championnat national, est lui aussi descendu en deuxième division, deux ans seulement après en être sorti. Le club de Bafoussam s’est battu jusqu’à la dernière journée pour échapper à la relégation, mais sa victoire sur Stade de Renard de Melong (2-0) n’a servi à rien.

Même Union sportive de Douala, un club qu’on peut comparer seulement au Canon de Yaoundé, a aussi failli descendre en deuxième division. Il lui a fallu batailler dur pour remporter le match de la 34e journée et se maintenir en division d’élite.

Il y a quelques années, c’est pour le Tonnerre de Yaoundé que le glas avait sonné. Depuis lors le TKC patauge dans les tréfonds de la division. Et il y en a d’autres : Dynamo et léopards de Douala, PWD de Bamenda, etc.

Tout se passe comme si un nouvel ordre national est en train de s’instaurer dans le football camerounais avec de nouvelles têtes d’affiche et le déclassement des anciennes gloires

Après Coton Sport qui a seul dominé le championnat national, on ne parle plus que de UMS de Loum, de  Apejes de Mfou et autres qui, en plus, présentent l’inconvénient de ne pas être très populaires. Sans véritable envergure, ces clubs ont encore du mal à s’imposer au niveau continental.

Moane Ehindi

 

 

 

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