Cameroun-Corruption: la Conac épingle la douane en 2016

 

2402 cas de dénonciation de la corruption ont été recensés en 2016 par la Commission nationale anti-corruption comparativement à l’année 2015 où 3268 cas avaient été identifiés. C’est la substance du rapport sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun présenté ce vendredi, 22 décembre 2017 au Palais des congrès de Yaoundé par Dieudonné Massi-Gams. Le président de la Conac fustige singulièrement le secteur des douanes dans le présent rapport.La Commission nationale anti-corruption a débusqué diverses techniques de corruption à ciel ouvert développées par des douaniers véreux. Parmi les pratiques de corruption identifiées dans ce secteur, figure, par exemple, l’existence, à Douala, d’un quartier luxueux des douaniers dans la zone Ndogbong. 21 fonctionnaires de la douane ont été, au cours de la période allant de 2010 à 2015, auditionnés par la mission de la Conac. Ces derniers, révèle Dieudonné Massi-Gams, ont avoué être propriétaires de plusieurs immeubles bâtis aussi bien à Douala qu’ailleurs et sont détenteurs de nombreux comptes bancaires à solde créditeur, dont les montants s’élèvent à plus de 134 millions de F cfa.

D’après le président de la Conac, le plus illustre de ces fonctionnaires de la douane est en service à Maroua et avait été recruté au grade de préposé des douanes avec son CEPE. il y a quelques années. Il est devenu adjudant des douanes et a réussi l’exploit d’être propriétaire de 13 villas en dur bâties sur terrains titrés, d’un immeuble de cinq niveaux construit aussi sur terrain titré. Ce cadre des douanes le plus fortuné, dont le nom n’a pas été révélé, est aussi détenteur de 10 terrains immatriculés.

A ce vaste domaine immobilier, s’ajoute, dans son registre de propriétés, cinq camions de 30 tonnes de charge utile, cinq cars Toyota Coaster de 28 places, deux cars de 18 places et un parc automobile plein de véhicules personnels haut de gamme. Toujours dans le secteur des douanes, la mission de la Conac a procédé au rapprochement des diverses applications informatiques utilisées par la douane.

Elle y a relevé des écarts paradoxaux entre les données de l’application Sydonia, qui constitue l’unité centrale principale et celle d’E-Guce qui y puise ses informations. Il en résulte des écarts entre les recettes enregistrées par E-Guce et celles reversées au trésor public à Douala.

Il est aussi à noter que certaines autorités en charge des douanes camerounaises persistent à octroyer illégalement, dans des conditions pour le moins douteuses, des exonérations toujours à la hausse. Ceci est fait en violation flagrante des dispositions du code des douanes en vigueur dans la zone Cemac.

Au demeurant, sur la période 2010-2014, l’État a subi des pertes d’une valeur de 12 milliards 340 millions 813 mille 670 Fcfa, dont 581 milliards 275 millions 898 mil 299 Fcfa au titre des exonérations illégalement octroyées. Ce rapport de la Conac 2016 est le fruit des missions d’enquêtes, de contrôles et d’investigations menées par la Conac au cours de cette année-là.
Source : camer.be

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