Diaspora camerounaise . Où investit-elle ?

La question était au cœur de la cérémonie de restitution d’une étude entre le Cameroun et l’Organisation internationale pour les migrations mercredi dernier à Yaoundé.

Aziz ABDELAZIZ

Dans chaque famille ou presque, il existe un phénomène bien cramponné. Celui des « mbenguistes ». Il s’agit d’un ou plusieurs membres de la famille ayant immigré en Occident pour diverses raisons. Au sein des cellules familiales, la gestion de leurs investissements est généralement sujette à diverses attentes et controverses. Le Cameroun s’intéresse à l’origine et à l’usage de ces fonds. Tel est le prétexte de l’enquête menée du 30 juillet au 30 août dans trois villes du pays : Bafoussam, Douala et Yaoundé. Le rapport de cette enquête a été rendu public hier, lors d’une cérémonie organisée au ministère des Relations extérieures et présidée par Naomie Mikel Begala, directrice des Camerounais de l’étranger, des étrangers au Cameroun, des réfugiés et des questions migratoires, en présence du chef de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Cameroun, Dr Boubacar Seydou.

De ce rapport, il ressort que 1472 personnes interviewées constituent l’échantillon de l’étude. Après collecte des données sur le terrain, les individus de sexe masculin sont les plus nombreux à recevoir les fonds issus de la diaspora. Leur âge est compris entre 20 et 35 ans et sont majoritairement sans profession (27,5%), contrairement à celles ayant des professions intellectuelles (14,8%). Autre résultat de l’enquête, les bénéficiaires de cet argent sont pour l’essentiel, originaires de l’Ouest (40,8%) et du Centre (22,8%). Les fonds transférés proviennent principalement de la France (31,6%) et des Etats-Unis (12,2%). Dans le cas des transactions en provenance du continent, les pays émetteurs venant principalement en tête sont la République démocratique du Congo (2,1%), la Côte d’Ivoire (1,9%) et le Gabon (1,6%). Cet argent est destiné à la consommation courante des ménages (43%), à l’assistance pour un événement (25%), très peu à un investissement productif (13%) et presque pas pour l’épargne (1%).

Au-delà de cette enquête, l’organisation internationale pour les migrations (l’OIM) développe un programme visant à former les personnes bénéficiaires de ces fonds à devenir autonomes. Pour la phase pilote, 50 familles seront sélectionnées pour en bénéficier. Il sera question de les former à faire un usage judicieux des fonds reçus et surtout, de les autonomiser. L’OIM précise que la formation sera gratuite et les projets à développer seront essentiellement financés par la diaspora. L’étude révèle qu’une importante proportion des bénéficiaires de fonds se reconvertit dans le commerce, les activités agricoles, l’immobilier et les formations qualifiantes, entre autres. En cas de cessation de l’envoi régulier de ces fonds, 18,6% des enquêtés auraient du mal à joindre les deux bouts tandis que 8% vivraient dans une précarité sévère.

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