Diplomatie. Le Cameroun et la guerre froide

 

Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les détenteurs de l’arme atomique entre 1945 et 1949, à savoir les Etats-Unis et l’URSS, vont présider à la fraction du monde, au détriment des grandes puissances européennes. Les deux grands blocs vont même initier des systèmes d’alliances militaires pour mieux régir la planète avec l’OTAN en 1949 (Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord) pour les Etats-Unis, et le Pacte de Varsovie en 1955 pour la Russie. Les États africains n’en sortiront pas indemnes avec plus ou moins de gravité, selon qu’ils se sont laissés emporter par l’un ou l’autre des blocs idéologiques.

Le Cameroun, à l’origine pays non-aligné, sera tout de même militairement éclaboussé par ce courant qui traversera le monde entier, du nord au sud, d’est en ouest. Pendant les guerres d’indépendances notamment, les maquisards de l’UPC bénéficièrent des sympathies du Congo-Brazza progressiste entre 1963 et 1967, dans leur quête de renversement du régime d’Amadou Ahidjo, avec plus loin, un probable encadrement de la Chine communiste. Plusieurs incidents même si mineurs, s’en suivront d’ailleurs au niveau de la frontière. Un état de choses qui brouilla considérablement les relations entre les deux pays jusqu’en 1973.

Sur un plan plus ouvert et plus intelligent, le Cameroun qui n’a réellement jamais été sous le joug colonial officiel d’une quelconque grande puissance, sera une belle, courtisé par plusieurs en mal d’hégémonie. Même le Cuba de Fidel Castro ne manqua pas de s’essayer à cet exercice de séduction. C’est résolument à partir de la moitié des années1980, après la montée au pouvoir du président Biya (1982), que le Cameroun va se démarquer pour afficher la couleur réelle voulu pour sa politique internationale. Un multilatéralisme non-feint qui consacrera son ouverture sur le monde et la multiplication des partenaires stratégiques, politiques et économiques de choix qui aujourd’hui encore, sont autant de leviers possibles à actionner en cas de nécessité. Le monopole que d’aucuns projetaient alors s’est brisé, au détriment de cette projection de l’homme du renouveau. Dans différents domaines d’activités, le Cameroun est l’un des rares pays de la sous-région, voire du continent à pouvoir déployer un véritable éventail de partenaires forts. La santé, l’éducation, l’agriculture, l’urbanisation, la communication, etc. tout y passe. Même le secteur militaire n’est pas en reste parmi les bénéficiaires de ce multilatéralisme stratégique. Et c’est ce Cameroun qui se veut aujourd’hui émergent, avec une politique de développement bien pensée, partie d’un non-alignement intelligent, et capable à nos jours, de tirer les marrons du feu.

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