FMI au Cameroun. Un Rwandais pour remplacer Kadima Kalonji

Le suivi de la mise en œuvre du programme économique conclu en 2017 entre le Cameroun et le Fonds monétaire international (FMI) est une priorité de l’agenda de Fabien Nsengiyumva, le nouveau représentant résident du FMI à Yaoundé.

Olivier BOKALE

L’information est confirmée par le ministère des Finances. Fabien Nsengiyumva est désormais le représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) au Cameroun. L’économiste de nationalité rwandaise vient ainsi remplacer le Congolais Kadima Kalonji. Autant le dire, le nouveau représentant résident du FMI au Cameroun arrive sur terre qu’il connait parfaitement. Si avant cette promotion, Fabien Nsengiyumva officiait au comme économiste principal sur la République démocratique du Congo (RDC) au département Afrique du FMI à New York, entre 2010 et 2012 il a occupé la même fonction au bureau à Yaoundé.

Suivi du programme économique

La nomination de Fabien Nsengiyumva intervient dans un contexte particulier dans l’histoire des rapports entre le FMI et l’Etat du Cameroun. Le pays fait en effet l’objet d’un programme économique et financier institué par l’institution de Bretton Woods. Le suivi de programme triennal permettant au Cameroun de bénéficier de la facilité élargie de crédit du FMI devrait d’ailleurs être l’une des priorités consignées dans l’agenda du diplomate rwandais au Cameroun. Conclu depuis le 26 juin 2017 entre le Cameroun et le FMI, ce programme économique porte sur un montant total de 483 millions de DTS (environ 680,7 millions de dollars, soit 175% du quota du Cameroun). L’objectif de cette initiative étant de « stabiliser le cadre macroéconomique du pays à moyen terme, en même temps que l’investissement public est prévu pour descendre d’environ 8% du produit intérieur brut (PIB) en 2016, à 6,7% en 2017 et à 6,6% en 2019 », selon le FMI.

Bons points

En tout cas les performances du Cameroun dans la mise en œuvre de ce programme économique semblent satisfaire le FMI. En témoigne les récentes déclarations d’Abebe Aemro Selassie, le directeur du département Afrique du Fonds monétaire international. Après avoir rencontré les argentiers de la CEMAC, en marge du conseil la Banque des Etats d’Afrique centrale, il a tenu à féliciter le Cameroun pour les progrès réalisés depuis la mise en œuvre du programme économique et financier. « Je dois féliciter les autorités nationales (…) de leurs efforts soutenus, qui ont contribué à une forte baisse des déséquilibres budgétaires et extérieurs, ainsi qu’à une stabilisation de la dette publique et des réserves internationales de la BEAC », avait-il déclaré au soir du 04 juillet 2018. Pour cet expert en finances publiques, le Cameroun est un exemple pour les autres Etat de la zone Cemac, « grâce à la mise en œuvre déterminée du budget 2018 révisé et à des mesures visant à mieux maîtriser les dépenses ». Toutefois pour définitivement tourner la page de cette crise économique, le pays de Paul Biya doit opérer un certain nombre de réajustements. Le plus pressant étant l’élargissant l’assiette des recettes non pétrolières.

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