Régions anglophones. Mobilisation contre l’insécurité alimentaire

Le gouvernement vient de rencontrer les partenaires techniques et financiers et des pays amis afin d’apporter une réponse commune au problème.

Pierre NGOM

Le sort des innocentes populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, victimes de la barbarie des groupes armés sécessionnistes est une préoccupation de tous les instants du président de la République, Paul Biya, et son gouvernement. Face à la crise alimentaire qui guette ces régions de même que celle de l’Ouest, les ministres de l’Agriculture et du Développement rural et de l’Élevage ont rencontré le 10 septembre dernier, les acteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Cameroun. « Cette réunion avait essentiellement pour objectif de recueillir les engagements des partenaires techniques et financiers et des pays amis du Cameroun dans le secteur de la sécurité alimentaire. Il s’agit de donner une réponse commune, fruit d’une concertation », a révélé Marie Jeanine Atanga Nkodo, coordonnateur du Programme national de veille et de renforcement de la sécurité alimentaire(PNVRSA).

Des actions sont déjà menées sur le terrain par un certain nombre d’agences, de missions diplomatiques. Elles ont été portées à l’attention des deux ministres. On apprend ainsi que  le Programme alimentaire mondial dont les équipes reviennent fraichement du terrain, a procédé à l’identification des actions à mener. Des fonds ont par ailleurs déjà été mobilisés pour un accompagnement des personnes déplacées durant trois mois. Que ce soit l’Agence française de développement, l’Union européenne, le Japon, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis dont les représentants et ambassadeurs ont pris la parole au cours de la réunion, d’autres initiatives  à entreprendre sont en cours d’élaboration. La réflexion se poursuit donc dans les quartiers généraux des organismes engagés dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle et dans les missions diplomatiques des pays étrangers représentés au Cameroun.

Selon l’étude réalisée par PNVRSA entre juin à août 2018, 20 % de la population est en insécurité alimentaire dans les trois régions de l’Ouest  du pays. Et d’après le coordonnateur du PNVRSA, du fait de la crise sociologique en cours dans les régions anglophones, le spectre de la crise alimentaire (3e étape de l’insécurité alimentaire) plane. Selon Marie-Jeanine Nkodo Atanga, si rien n’est fait, quelque 485 576 personnes pourraient se retrouver en phase de crise alimentaire entre mars et mai 2019 dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et la région voisine de l’Ouest. Visionnaire, le président de la République, Paul Biya, a instruit en juin dernier, l’élaboration d’un plan d’assistance humanitaire d’urgence en faveur des populations des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest actuellement mise en œuvre. D’un coût global de 12,7 milliards de francs le plan va rétablir un cadre de vie propice à l’épanouissement et au développement des communautés affectées par la crise; apporter une assistance humanitaire d’urgence aux populations en détresse; assurer la réinsertion socio-économique des populations affectées; promouvoir la cohésion sociale et le vivre-ensemble et réhabiliter les infrastructures détruites.

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