Booster l’investissement. La contribution de l’épargne

Présentées le 23 août dernier, les propositions d’une étude doivent permettre de faire passer le volume d’épargne nationale brute du simple au double entre 2016 et 2020.

Pierre NGOM

Au Cameroun, le taux d’épargne financière (part des revenus des ménages destinée à l’achat des actifs financiers servant au financement de l’économie) est très faible. Selon les chiffres du ministère des Finances, en 2015, à peine 30% de l’épargne des ménages à servie au financement de l’économie. En effet, alors que le taux d’épargne des ménages s’établit à 7,1% du PIB, le taux d’épargne financière se situe à seulement 2,1% du PIB et le taux d’investissement immobilier des ménages à 5% du PIB. « Ce constat traduit la faiblesse de l’épargne financière nécessaire pour booster les investissements et relever la croissance économique », conclut une étude visant l’élaboration d’une politique de mobilisation de l’épargne longue au Cameroun.

Or, selon la même étude, les besoins en matière d’épargne de long terme de tous les agents économiques sont très importants. Elles ont trait pour les ménages à l’accès au logement et la disponibilité de revenus à la retraite, pour les PME au financement des investissements productifs et pour l’Etat à la réalisation du programme d’investissement prévu dans le DSCE, la boussole économique du pays sur la période 2010-2020. Les projections des besoins d’épargne pour le Cameroun effectuées par l’étude soulignent que l’objectif de porter le taux de croissance à 5,5% en moyenne annuelle sur la période 2010 – 2020, nécessite une augmentation de l’épargne nationale. Elle doit être amenée au niveau du taux d’investissement estimé autour de 23% du PIB en 2020. Pour cela, l’épargne nationale brute devrait passer 2 791,7 milliards de FCFA en 2015 à 5 895 milliards de francs CFA 2020, soit une hausse annuelle de près de 620,7 milliards de francs CFA.

Pour donc améliorer la mobilisation de l’épargne financière longue, l’étude formule diverses propositions. Elles s’articulent autour de onze axes d’interventions: diversification des produits d’épargne financière ; renforcement de la protection de l’épargne ; amélioration de la rémunération de l’épargne ; renforcement de l’accessibilité aux services financiers ; approfondissement de l’intermédiation financière ; consolidation des incitations fiscales en faveur de l’épargne longue ; renforcement du rôle du marché financier dans le financement de l’économie ; élargissement des régimes de cotisation obligatoires et volontaires ; valorisation économique des transferts des migrants ; promotion de l’éducation financière; amélioration du cadre macroéconomique et de l’environnement des affaires et la mise en place d’un dispositif institutionnel de suivi de l’épargne.

Ces propositions ont été consignées dans un projet de plan d’actions en vue de la mobilisation de l’épargne longue au Cameroun (Pamel). Ce document précise les actions et mesures qui pourraient être prises ainsi que les institutions concernées par leur mise en œuvre. Dans le souci notamment de s’assurer de la cohérence de ces propositions avec les politiques sectorielles des différents départements ministériels, l’étude recommande la mise en place d’un comité regroupant les principaux intervenants dans la mobilisation de l’épargne pour l’adoption et la mise en œuvre de ce projet de plan d’actions.

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