Camair-Co ou la symbolique d’un redécollage

Après plusieurs tentatives de relance, la dernière semble la bonne. Officiellement en faillite depuis 2005, « l’étoile du Cameroun » semble, sous la dernière équipe managériale établie, reprendre des couleurs. Une flotte stabilisée à cinq appareils, un maillage domestique optimal et une prétention internationale satisfaisante. À l’image du pays tout entier, la Camair-Co reprend de l’altitude.

Les révélations faites par son Directeur Général à Bafoussam au mois de novembre 2017 résonnèrent comme un véritable hymne à la joie : les recettes mensuelles moyennes de la compagnie aérienne nationale avaient triplé en un an, culminant désormais à 1,2 Milliards Fcfa au lieu de 400 millions FCFA un an plus tôt. Après analyse, il ressort que ceci est la conséquence heureuse de l’implémentation par l’équipe dirigeante menée par Ernest Dikoum, arrivé à la tête de cette entreprise depuis le 22 août 2016, du plan de relance élaboré par le cabinet d’expertise américaine Boeing Consulting. Un plan de relance présenté au gouvernement camerounais le 20 mars 2017 et qui recommandait en priorité, la suppression des dessertes non-rentables aussi bien en interne qu’à l’international ; l’arrêt de la gratuité des vols pour les pouvoirs publics ; un meilleur contrôle de la flotte ; un accroissement des mesures rigoureuses de gestion ; la soumission aux normes internationales, etc.

Après le décret présidentiel du 11 septembre 2006 portant création de la Cameroon Airlines Corporation et le vol inaugural du 28 mars 2011, une valse de dirigeants semblait ne prédire qu’un ciel nuageux. Pourtant, Camair-Co présente aujourd’hui un tableau bien élogieux. La liste des destinations s’est bien étoffée avec sur le plan national la réouverture du trafic sur Bafoussam, Bamenda, Garoua, Maroua, N’Gaoundéré, en dehors de Douala et Yaoundé qui ont été redynamisés. Bertoua, la capitale de la région de l’Est du pays, est le prochain point de desserte annoncé. De 70 vols internes au départ, nous sommes passés à 100 vols en début 2018. Les ambitions internationales ont poussé la compagnie à s’ouvrir désormais sur le Bénin, le Sénégal, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Tchad, la Centrafrique, la Guinée Equatoriale et la France, avec un pourcentage de ponctualité de 65% de ses avions. Avec l’acquisition définitive des deux Boeing 737-700 NG qu’elle exploitait en leasing depuis 2011, l’achat de deux aéronefs MA-60 acquis auprès de l’entreprise chinoise Avic International et mis en service en janvier 2016 pour la desserte domestique, puis grâce à la restructuration du Dja, la compagnie gère actuellement un parc de cinq appareils et a même obtenu la Certification AYOSA à l’IATA.

Après avoir relevé ses premiers challenges et réintégré son immeuble siège de Douala, Camair-Co envisage d’avoir en décembre 2018 douze avions passagers et un avion-cargo pour oublier la faillite prononcée en 2005, avec à l’époque plus de 50 Milliards FCFA de dettes.

Corine Alima

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