Cameroun – distribution de l’eau : l’État met fin au contrat de CDE

Un décret signé du chef de l’État camerounais, Paul Biya, rendu public le 20 février 2018, ajoute au portefeuille de la Camwater (Cameroon Waters Utilities Corporation) les activités d’exploitation du service public de production, de transport et de distribution l’eau potable en milieu urbain et péri-urbain au Cameroun.

Par cet acte, le chef de l’État camerounais met officiellement un terme à la privatisation du secteur de la production et de la distribution de l’eau potable au Cameroun. Ces activités, faut-il le rappeler, étaient confiées depuis 10 ans à la Camerounaise des eaux. La CDE est une entreprise contrôlée par un consortium marocain conduit par l’Office national de l’eau potable (Onep), et constitué des sociétés MedZ, Delta Holding et du cabinet de conseil en travaux publics Ingema.

C’est en 2008 que, dans la foulée d’un vaste programme de privatisation des entreprises publiques, l’État camerounais décide de privatiser la SNEC (Société nationale des Eaux du Cameroun), une société publique qui a étalé ses limites. C’est un consortium marocain qui est retenu après un appel d’offres lancé à cet effet. Un contrat d’affermage est signé en decembre 2007 entre ce consortium et le gouvernement camerounais pour une durée de 10 ans. Pour remplir son contrat, le consortium marocain met en place une structure dénommée CDE qui demarre ses activiés en mai 2008. Pour sa part, l’État du Cameroun crée la Camwater.

Dix ans après la réforme du secteur de l’eau, l’État du Cameroun revient pratiquement à la case départ. En effet, les activités liées à la gestion du patrimoine et celles de production, de transport et de distribution l’eau potable en milieu urbain et péri-urbain sont une fois de plus regroupées au sein d’une seule et même entreprise, comme du temps de la SNEC.

Il y a tout lieu de croire que la mise en place de la CDE n’a pas entièrement donné satisfaction. Même si, pour sa part, la partie marocaine se targue de présenter un bilan positif. En effet, dans une interview au Quotidien de l’Économie publiée le 13 juin 2017, Brahim Ramdane, le directeur général de CDE affirme : « les points de livraison en 2008, année du début des activités de l’Onep au Cameroun, étaient de 335 000 points repartis sur l’ensemble du périmètre. A la fin de l’année 2016, la CDE est passée à 500 000 points de livraison, une évolution de 48% ». Mais depuis 2016, le sort de l’entreprise semblait scellé, le chef de l’État camerounais ayant instruit son gouvernement de ne pas renouveler le contrat d’affermage.

Moane Ehindi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

seize − 2 =