Climat des affaires : Le Cameroun en quête d’une meilleure perception

Placée sous le thème: «accélérer la facilitation des procédures pour asseoir les jalons de l’émergence», la cinquième édition du Cameroon Business Forum (CBF) s’est tenue le 06 mars 2014 à Douala, la capitale camerounaise des affaires, sous la présidence du premier ministre Philémon Yang.

Initié en 2006 et rendu opérationnel en 2009, le CBF est considéré par le gouvernement comme «l’instance de dialogue par excellence entre l’État et le secteur privé avec pour principales missions le renforcement de la concertation entre les pouvoirs publics et le milieu des affaires, l’amélioration du climat des affaires et l’appui au développement du secteur privé». En plus des officiels gouvernementaux, les milieux d’affaires ainsi que les partenaires au développement ont activement pris part à cette rencontre.

Au cours des travaux de Douala, les participants ont passé en revue les recommandations formulées en 2013. Il en est ressorti que le rythme des réformes qui est suivi dans le cadre des sessions annuelles du Cameroon Business Forum est relativement faible. En effet, sur les 49 recommandations adoptées en 2013 couvrant 13 chantiers, dont 25 étaient nouvelles et 20, objet de reconduction, l’exécution de 20 est effective, 17 sont en cours, 8 ont été requalifiées ou annulées et 4 demeurent lettre morte.

Parmi les points positifs, on note : la mise en place d’un centre de dédouanement des véhicules au Port de Douala, la promulgation le 18 avril 2013 de la loi jugée révolutionnaire sur le Code des investissements, la création d’une agence des petites et moyennes entreprises, la dématérialisation des opérations du commerce extérieur, etc. D’autres avancées concernent le lancement de nombreux grands chantiers, notamment d’infrastructures, l’adoption de la loi sur les zones économiques.

Pour le président du GICAM, André Fotso, des incertitudes persistent cependant sur les Accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne que le Cameroun pourrait ratifier cette année. Il en est de même de ce que le GICAM appelle « insuffisances du système des marchés publics », des atermoiements du processus d’intégration et de la difficulté qu’éprouve le système administratif camerounais à implémenter des réformes dans le temps et sous les formes souhaitées.

André Fotso soutient que «le chemin vers la croissance et l’émergence passe par la densification et la structuration du dialogue avec l’État, le renforcement des capacités des entreprises, la promotion de l’espace économique national ainsi que son ouverture à l’international».
La rencontre de Douala s’est tenue dans un contexte marqué par la publication du rapport « Doing Business » qui donne des indicateurs sur la facilité de faire des affaires dans 180 pays. Le Cameroun y occupe le 168e rang en 2014, chutant de sept places par rapport à 2013. Elle se tient également au lendemain de la publication par le Groupement interprofessionnel du Cameroun (GICAM) de ses 100 propositions pour conduire le Cameroun à l’émergence à l’horizon 2035.

Même si certains spécialistes attribuent ce mauvais classement à la non-prise en compte de toutes les réformes effectuées par le gouvernement, le premier ministre, Philémon Yang, a, pour sa part, invité les différents acteurs de l’économie camerounaise à «redoubler d’efforts pour améliorer le classement du Cameroun dans les différents index internationaux en matière économique, y compris le Doing Business».

Marc OMBOUI
Cameroon Report

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