Endettement. Convergence de vue entre Yaoundé et ses partenaires

Les deux parties vont travailler main dans la main pour que les projets financés par des prêts extérieurs soient mieux réalisés et aient plus d’impact sur l’économie.

Pierre Ngom

La Cameroun va désormais programmer sur chaque cycle budgétaire, les décaissements sur les projets à financement extérieur. La toute première conférence de programmation s’est d’ailleurs tenue du 4 au 8 juin dernier à Yaoundé. Elle porte sur la période 2019-2021. Y ont notamment pris part, les partenaires techniques et financiers (système des Nation unies, Banque mondiale, Banque africaine de développement, pays émergents, monde Islamique et Union européenne), les coordonnateurs de projets, les représentants des administrations qui assurent la tutelle des projets, le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minpat) dans toutes ses composantes (coopération, programmation, budgétisation et suivi) et la Caisse autonome d’amortissement, gestionnaire de la dette publique du Cameroun. Pendant les travaux, 150 projets ont été examinés. Objectif : inscrire les projets les plus matures parmi ceux qui feront l’objet d’un décaissement au cours du prochain cycle budgétaire.

«L’idée n’est pas de freiner de manière indue les décaissements mais de les gérer, de les réguler en totale concertation et transparence avec nos partenaires. Ce qui permet d’assurer une meilleure efficacité de la dette, une meilleure utilisation des ressources et d’achever les projets qui sont initiés dans les délais plus raisonnables», explique Alamine Ousmane Mey. Le Minepat ajoute que les «partenaires ont manifesté leur totale disponibilité à accompagner et soutenir l’Etat du Cameroun». «Nous louons vraiment cet exercice que le gouvernement vient de réaliser parce que ça donne une photographie très approfondie du stock de la dette de l’Etat », confirme Elisabeth Huybens, la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun.

Les deux parties vont commencer à travailler sur les soldes engagés non décaissés. «Il s’agit de plus de 3000 milliards de francs CFA qui méritent d’être gérer convenablement de tel sorte que les engagements juridiques antérieurs fassent l’objet d’une utilisation financière et d’une réalisation physique», explique Alamine Ousmane Mey. «Il est important que le gouvernement et les partenaires prennent une décision sur ces projets. La question étant de savoir s’il faut les garder, les annuler ou les reprogrammer», détaille Elisabeth Huybens. Pour mieux éclairer cette décision, il a été recommandé d’effectuer un audit général des projets FINEX au Cameroun.

L’autre objectif de la conférence de programmation est de permettre au Cameroun de poursuivre la réalisation des projets structurants, qu’il a commencé il y a quelques années,  sans perturber le solde budgétaire. «C’est la volonté que le président de la République a manifesté à l’endroit de nos partenaires pour poursuivre le chemin vers l’émergence mais respecter aussi ses engagements en garantissant une meilleures gestions des finances publiques, de la dette publique et notamment extérieur», souligne le Minepat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

deux × deux =