Fabrication des bouteilles à gaz. Le saut technologique du Cameroun

Dès septembre 2020, le pays va produire des bouteilles à gaz en matériaux composites. Une première en Afrique.

Pierre NGOM

Dans un peu plus de 2 ans, une usine de fabrication de bouteille à gaz sortira de terre à Nkoloman à quelques dizaines de Km de Yaoundé. Cette usine produira chaque année, dès le 20 septembre 2020, 350 000 bouteilles à gaz d’un type particulier. Il s’agit de bouteilles  réalisées avec des matériaux en polymère et en composite, développées comme alternative moderne aux bouteilles traditionnelles en acier. Ces bouteilles présentent de nombreux avantages : elles sont légères (pèsent la moitié de leur équivalent en acier), non-corrosifs (conviennent à un environnement chaud, humide et salin comme le nôtre), difficiles à siphonner. En plus, elles ne rouillent pas, n’explosent pas en cas d’incendie et sont translucides ; permettant ainsi à l’utilisateur de contrôler facilement la quantité de gaz restante.

«Il s’agit de la toute première usine de ce genre qui va être construite en Afrique», informe le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt). Ernest Gbwabouboua présidé, le 16 août dernier, la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine. De ce projet, d’un coût de 35 milliards de francs CFA, il est dont attendu un transfert de technologie au bénéfice de la main d’œuvre locale. Le projet permettra également la création de 600 emplois descends. Entre 2020 et 2023, la société Akeno SA, qui conduit le projet, évalue en effet à 600 millions de francs CFA la masse salariale moyenne. Sur la même période, l’entreprise estime à 1,3 milliards de francs CFA l’impôt moyen sur les sociétés dont elle devra s’acquitter. Actuellement, le Cameroun à un besoin d’environ 3 millions de bouteille.  Un besoin que le pays essaie de satisfaire tant bien que mal en important des bouteilles à gaz. En fabricant localement jusqu’à 350 000 bouteilles chaque année, le projet devrait également avoir un impact sur la balance commerciale du Cameroun.

Le projet est la matérialisation des efforts du gouvernement pour accompagner les investisseurs privés. En mars 2017, après avoir rempli certains préalables, une convention d’exonération fiscalo-douanière de près de 10 milliards de francs a été signée avec le gouvernement grâce à l’Agence de Promotion des investissements (API). L’initiative bénéficie donc de tous les avantages de la loi de 2013 portant les incitations à l’investissement privé. « Nous accueillons tous les opérateurs économiques qui se présentent à nous et qui veulent investir. Nous les accompagnons, facilitons les différentes procédures et nous les mettons à la disposition de l’API qui les aide dans le montage des dossiers et qui suit jusqu’à l’aboutissement. Cette société a présenté son projet. Nous avons estimé qu’il est porteur et les incitations ont été sollicitées auprès du ministre des Finances, lesquelles ont été accordées», rappelle Ernest Gbwaboubou.

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