Filière Banane. Robert Fabre propose un plan de relance à Paul Biya

Le magnat de la distribution des fruits et légumes sur le marché européen sollicite l’accompagnement de l’État camerounais pour accroître les investissements dans le secteur.

Olivier BOKALE

Le Président de la République, Paul Biya, a reçu en audience hier jeudi 19 juillet 2018, l’industriel français Robert Fabre. C’est le Président-Directeur Général de la Compagnie Fruitière de Marseille, maison-mère des Plantations du Haut Penja, premier producteur locale de la banane dessert au Cameroun. Selon la note officielle publiée par le Cabinet civil de la Présidence de la République, l’investisseur français est venu échanger avec le Chef de l’Etat au sujet de la relance de la filière banane au Cameroun. Au terme du tête-à-tête entre Paul Biya et Robert Fabre, l’industriel européen a donné quelques indices de ce plan de relance. « Le moment est venu de renvoyer une forte énergie dans le secteur de la banane, afin de partir sur une nouvelle période de croissance et une période d’investissement, de manière à repartir à la conquête des nouveaux marchés européens et africains », a déclaré Robert Fabre, au perron du Palais de l’Unité.

Du point de vue du PDG de la Compagnie fruitière, la bonne exécution de cette offensive de la production locale de la banane dessert implique les secteurs public et privé, qui sont complémentaires dans la production de la banane au Cameroun. A en croire Robert Fabre, les producteurs devraient très bientôt recevoir « des financements complémentaires pour accroitre leurs capacités de production et la qualité de leur production ». Ce d’autant plus que la conjoncture actuelle du secteur est favorable à ce nouveau plan d’investissement. Le Cameroun doit donc saisir la nouvelle opportunité qui se présente. Selon l’ébauche de chronogramme déroulée par l’hôte du Chef de l’Etat, les financements seront bouclés d’ici le mois de septembre prochain et le plan de relance sera implémenté juste après.

Le séjour de Robert Favre intervient dans un contexte particulier où la filière banane est en crise. Selon les récentes statistiques compilées par l’Association bananière du Cameroun (Assobacam), les volumes d’exportation de la banane camerounaise sont en plein recul. Pour le premier trimestre 2018, l’ensemble des producteurs n’a pu exporter que 59149 tonnes. Comparativement au premier trimestre 2017 où les exportations camerounaises de la banane se situaient à 78610 tonnes, soit une chute drastique de 19461 tonnes. En valeur relative, ce volume correspond à un repli d’à peu près 25 % des ventes extérieures réalisées par les entreprises du secteur de la banane au Cameroun. Cet état de chose impacte au premier chef, les leaders de ce marché. Notamment les Plantations du Haut Penja (PHP), filiale camerounaise du mastodonte français Compagnie Fruitière de Marseille et la Cameroon Development Corporation (CDC), entreprise à capitaux publics.

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