Filière Bois. De nouveaux mécanismes pour plus de traçabilité.

Six nouveaux postes de contrôle permettront de donner plus de visibilité dans l’exploitation forestière.

Le ministère des Forets et de la Faune (MINFOF) va aménager six nouveaux postes de contrôle délocalisés afin de constituer un réseau fiable de collecte d’informations pour garantir la traçabilité des bois circulant au Cameroun. Ces postes seront aménagés au port de Douala, sur le pont de la Dibamba toujours dans le littoral, au port de Kribi, à Soa dans le Centre au niveau du péage de Nkometou, à Elat, et à Bonis à Bertoua. En effet, l’activité forestière au Cameroun pourrait se porter mieux, mais elle plie encore  sous le poids de nombreuses pesanteurs. Une production intensive  au détriment de la  transformation, mais aussi une grande opacité dans la gestion. Ces nouveaux postes de contrôle s’inscrivent dans la mise en œuvre de la stratégie nationale  des contrôles forestier et faunique, issue de la politique forestière adoptée en 1993 et renforcée depuis lors par d’autres textes et engagements internationaux. De façon générale,   cette politique vise  l’amélioration du contrôle et de la gouvernance en matière de gestion forestière pour augmenter les revenus de l’Etat mais aussi des communautés proches de ces forêts. Sa mise en œuvre garantit  la création d’emplois,  le respect des droits des communautés locales, la  prévention  des distorsions économiques, la durabilité de la production forestière, la préservation de  la biodiversité et des écosystèmes. Outre la rentabilité de l’exploitation forestière, le contrôle vise donc aussi à garantir la gestion durable des forêts. Le Cameroun a consenti à assurer une exploitation responsable des forets. C’est ainsi que le régime des licences souvent accordées aux exploitants  a été remplacé par celui des Unités Forestières d’Aménagement (UFA) accordées pour une durée de 30 ans. Ce régime des UFA est complété par le développement des forets communautaires et communales Cela permettra  aux communautés locales, une exploitation par  elles-mêmes des forets de leurs domaines. Tous ces mécanismes mis en commun vont progressivement assainir la filière bois dont l’impact sur la croissance du pays est loin d’être négligeable.

Le Cameroun est riche de 22,5 millions d’hectares de forêt humide  logés dans le deuxième plus grand massif forestier du monde après l’Amazonie. Sa diversité  laisse apparaitre près de 150 espèces de bois. Selon le document de stratégie nationale  des contrôles forestier et faunique, l’activité forestière contribue à hauteur de 11% au PIB et sa contribution en devises est de 20%. Des chiffres qui vont croitre après la mise en œuvre d’un réseau de contrôle plus strict tel qu’annoncé par le Ministère de tutelle. L’aménagement des nouveaux postes de contrôle s’effectuera dans un délai de 90 jours après le dépouillement des plis d’appels d’offre fixé au 23 mai 2018.

Julienne Ngobo

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