Projet Ring-Road. Le Cameroun mise sur les décaissements de la BAD

Pour finaliser cette route qui va désenclaver les bassins de production agricole du Nord-Ouest et faciliter le commerce transfrontalier avec le Nigeria, le Cameroun a sollicité l’appui de la Banque Africaine de Développement. 

Olivier BOKALE

Le pays reste engagé dans la mise en œuvre du programme de prêt qui le lie à la Banque Africaine de Développement pour 2018. Et parmi les opérations qui vont enrichir ce programme, figure en bonne place le projet de construction de la route nationale Numéro 11 (RN11), baptisée « Ring Road ». Le financement des travaux de cette infrastructure routière qui ceint la région du Nord-Ouest sur un linéaire de 357 kilomètres, était au centre des échanges entre Ousmane Dore, Directeur général de la Région Centre de la BAD et Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du territoire (Minepat). En effet, le projet Ring Road achoppe sur des questions financières depuis près de 30 ans. Sur les 143 milliards de FCFA prévus pour achever ce projet, l’Etat en a investi une vingtaine. Un investissement qui a permis de bitumer le tronçon Ndop-Kumbo, soit 61 km seulement.

Mobiliser 123 milliards de FCFA

Pour le reste du projet, 123 milliards de FCFA manquent à l’appel. C’est pour boucler le projet que le gouvernement sollicite la BAD. Et de source autorisée, cette banque d’investissement planche déjà sur ce projet « afin que les financements soient mis à disposition cette année pour la poursuite effective des travaux de ce chantier intégrateur et porteur pour l’économie ».

Une route aux grands enjeux

Les attentes et les retombées inhérentes à la « Ring Road » sont énormes pour la région du Nord-Ouest en particulier, et pour le pays en général. Plus de 60% de la population de cette région vit principalement de l’agriculture. Celle-ci qui est majoritairement engloutie dans l’autoconsommation mais qui pourrait être orientée au commerce vers les autres régions du pays et même au-delà, principalement vers les marchés sous régionaux d’Afrique Centrale et Occidentale. Cependant, les récoltes issues de ces bassins de production souffrent de l’enclavement de la zone. Le mauvais état des routes complexifie l’acheminement des denrées alimentaires vers les principaux pôles de consommation et de commercialisation, à défaut même d’être localement transformées pour une éventuelle industrialisation. De plus, la construction de la Ring Road, en particulier la bretelle Misajé – Frontière Nigéria, devrait permettre de faciliter le commerce transfrontalier et limiter la contrebande qui se fait généralement par des chemins escarpés. Il devrait en résulter un gain substantiel pour l’économie locale, sous régionale et les caisses de l’Etat.

Pour rappel, le portefeuille de la BAD au Cameroun compte 23 projets évalués à plus de 850 milliards de FCFA. Dans le cadre de cet axe névralgique, la construction du tronçon Bamenda-Kumbo serait le tout prochain point de convergence des efforts et des idéaux.

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