Projet de loi des finances. Le gouvernement édifie le patronat

Les grandes orientations ont été présentées vendredi dernier aux acteurs du secteur privé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze.

Aziz ABDELAZIZ

Unique et historique ! Deux qualificatifs qui symbolisent à eux seuls selon Célestin Tawamba, président du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), au sortir de la rencontre de vendredi dernier entre le secteur privé et le gouvernement de l’Etat du Cameroun. Une concertation qui avait pour cadre le siège du Gicam et au cours de laquelle, le ministre des Finances n’est pas allé du dos de la cuillère. « L’économie, c’est vous qui la faîtes. Et une administration sérieuse doit juste être une administration de facilitation. C’est-à-dire comment faire en sorte que ceux qui font l’économie la fassent réellement et sans entraves ? », s’est-il adressé aux acteurs du secteur privé.

Un questionnement qui a justifié la présentation au secteur privé, des observations du gouvernement par rapport aux propositions du patronat sur les réformes fiscales et douanières remises au Minfi le 28 mai dernier à Douala et les échanges sur les grandes orientations du projet de loi des finances 2019. Un texte qui a tenu compte de certaines propositions du mouvement patronal. Relativement à la fiscalité intérieure (impôts), sur 83 propositions faites, 47 ont reçu un avis favorable, 24 un avis réservé et 12 sont en perspective ; soit un taux de recevabilité de 71%. Pour la fiscalité douanière, on enregistre 27 avis favorables, 10 avis réservés et 3 propositions en perspective ; soit un taux de recevabilité de 73%.

Une considération et une implication du secteur privé qui a reçu un écho favorable au sein de celui-ci. « L’avènement d’une fiscalité de développement reposant sur la baisse de la pression fiscale sur les entreprises du secteur formel, l’élargissement de l’assiette fiscale, le rétablissement d’une relation, voire d’un contrat de confiance entre l’administration fiscalo-douanière et le contribuable. », a déclaré Célestin Tawamba sur le bien-fondé des propositions formulées par le Gicam. Des mesures urgentes dans un environnement difficile, qui a notamment fait descendre le Cameroun de la 163e à la 166e place sur 190 pays du classement du Doing Business 2019. Un contexte rude qui mobilise toute l’attention du gouvernement. « Nous continuons d’œuvrer pour que vous puissiez travailler dans un environnement sain et productif », a précisé le Minfi, Louis Paul Motaze.

Allant dans le sens permanent du dialogue, le Minfi a annoncé deux importantes mesures. Il s’agit de la création d’un Comité permanent de concertation sur les questions fiscales et douanières avec des rencontres trimestrielles et la réorganisation du comité d’appui à l’instruction des recours préalables auprès du ministre des Finances en matière de contentieux fiscal et douanier.

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