Recettes fiscales 2018. DGI devrait battre les 2066 milliards de francs CFA de 2017

Une véritable performance au regard de la situation socio-sécuritaire plutôt délicate dans les régions dites anglophones dont celle à forte productivité pétrolière et agricole du Sud-Ouest, d’où le Cameroun tire sa plus grande majorité de ses hydrocarbures.

Charles ABEGA

Pour plusieurs observateurs et analystes du contexte socio-économique camerounais, les chiffres réalisés par la Direction Générale des Impôts (DGI) en 2017 et ceux déjà projetés pour 2018, relèvent tout simplement de l’exploit. Motif, plusieurs bassins économiques sensibles nationaux sont depuis plus d’un an, sous l’emprise de divers groupes terroristes. L’on évoquera notamment la région de l’Extrême-Nord où des fulgurances de la secte islamiste Boko Haram continuent de semer la confusion parmi les populations, entravant par la même occasion les échanges entre le Tchad et le Nigéria frontaliers dans cette partie du pays. Par ailleurs, d’autres terroristes, agissant cette fois sous le voile des revendications séparatistes de certains activistes ou plutôt, de doux rêveurs et affabulateurs projetant l’indépendance d’une république imaginaire baptisée « Ambazonie ». Ce dernier foyer d’irrédentisme est parallèlement présenté comme l’un des plus préoccupants car, il est celui qui abrite les installations de la Société Nationale de Raffinage (SONARA), constellation des principales raffineries d’hydrocarbures du pays, à côté des installations de la Cameroon Development Company (CDC), plus gros employeur du pays après l’Etat.

Les recettes fiscales au titre de l’exercice budgétaire 2017 s’élèvent à 2066 milliards de francs CFA, selon les chiffres publiés ce lundi par la Direction Générale des Impôts (DGI). Avec plus de détails, pour 2017, les recettes issues des ressources budgétaires propres c’est-à-dire hors emprunts et dons s’élèvent à 1 856,9 milliards de francs CFA contre 1724,6 milliards de francs CFA en 2016, soit une hausse de 132,3 milliards de francs CFA en valeur absolue et de 7,7% en valeur relative. La contribution de la DGI a pu ainsi se situer à 60,7% des ressources propres de l’Etat, pour l’exercice 2017. « Comme par le passé, les principaux impôts de notre système fiscal, du fait de leur forte contribution, sont restés la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée), l’impôt sur les sociétés non pétrolières (ISP), les Droits d’accises (DA), l’Impôt sur les traitements et salaires (ITS) et la Taxe spéciale sur les produits pétroliers (TSPP) », précise l’administration fiscale. En outre, le rendement de la TVA en 2017 est de 731,8 milliards de francs CFA, soit un taux de contribution de 40,9%.

A moins d’un mois de la fin de l’exercice budgétaire 2018, la DGI table sur une « tendance haussière » ce qui laisse croire qu’on devrait dépasser les 2066 milliards de francs CFA collectés l’exercice écoulé. La dynamique haussière constatée est le résultat des réformes du dispositif de mobilisation des impôts et taxes intérieurs mises en place depuis une demi-dizaine d’années. La DGI franchit ainsi pour la toute première fois la barre annuelle des 2000 milliards de francs CFA, renforçant également son rang de premier poste de mobilisation des ressources publiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

huit + 20 =