Remontée du prix du pétrole : les espoirs de la zone Cemac

Si, sur les six pays constituant la zone CEMAC, seule la RCA n’est pas productrice de pétrole, les cinq autres, à savoir le Cameroun, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Tchad et la Guinée Equatoriale, ont des économies fortement accrochées aux caprices du marché pétrolier mondial.

Charles ABEGA

Avec une chute de 70% en juin 2014, les cours des produits pétroliers qui passaient de 120 Dollars le baril à 33 Dollars, plombaient considérablement les économies de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) dont le PIB allait enregistrer pour l’occasion un déficit de 6,5%. Le ralentissement de l’activité économique et les tensions budgétaires dans les Etats et dans l’ensemble du bloc vont être les premiers symptômes constatés notamment dès début 2015. Une conséquente tout à fait normal puisque le pétrole constitue environ 70% des exportations de la CEMAC et plus d’un tiers de ses recettes budgétaires, soit à peu près 40% de cette ressource au PIB sous régional. Cette dernière estimation de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), obligeait ceux des cinq pays producteurs encore totalement dépendants des recettes pétrolières, à conduire des politiques économiques et des réformes structurelles fortes, portées sur la diversification de l’activité économique et des champs de productions, de même que sur la transformation de leurs matières premières en local, avant toute démarche exportatrice. Les résultats de cette démarche permettraient de résorber efficacement les secousses causées par les fluctuations désavantageuses des cours du pétrole et d’autres matières premières sur lesquelles reposent leurs économies. Et la plupart des pays ont commencé par la réduction des dépenses publiques d’investissement dont les financements étaient pour la plus grande majorité, tirés des recettes pétrolières.

Dans ce marasme hautement embarrassant pour des pays aux économies relativement fragiles, la sous-région peut tout de même se réjouir d’un fait : le Cameroun, locomotive de cet ensemble sous régional, à moins subit la chute des cours puisque le pétrole ne contribue qu’à hauteur de 9% à son PIB, contrairement au 85% de la Guinée Equatoriale, au 50% du Congo-Brazzaville, des 45% du Gabon et des 18% du Tchad. La Guinée Equatoriale était par exemple passée à un taux de croissance négatif de -10,5%, contre 0,5% avant le séisme sur le marché pétrolier. Calquant donc le modèle camerounais, les uns et les autres ont pu développer de fortes capacités de résilience et de garder la tête hors de l’eau. Plusieurs segments de marché ont été développés pour faire mieux que résister, de l’agriculture à l’économie numérique, en passant par les systèmes éducatifs.

Aujourd’hui, à cause de la baisse des stocks aux Etats-Unis d’Amérique et à la tension américano-iranienne, le prix du pétrole remonte depuis environ trois ans. Le baril est repassé à plus de 70 Dollars US, une chance donc pour tous les pays producteurs dont la vingtaine africaine. Du coup, de nombreuses grandes firmes pétrolières internationales remettent le cap sur le continent noir, convoyées par les diplomaties bien souvent pernicieuses, des grandes puissances qu’elles servent.

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