Bonne gouvernance. Paul Biya prescrit l’audit des concessions pour MTN, Orange et Nexttel

Dans le souci de voir une nette amélioration de la qualité de l’offre de téléphonie mobile au Cameroun, le Président de la République frappe du poing sur la table.

Charles ABEGA

Trois des principaux opérateurs de téléphonie mobile du Cameroun sont donc sur la sellette depuis quelques jours. L’échéance fixée en mars 2017 pour la fin d’année 2017 par le Chef de l’Etat, est aujourd’hui, plus d’un an bien au-delà du terme. En effet, c’est sur très hautes instructions du Président de la République et sous la haute autorité du Premier ministre chef du gouvernement Philémon Yang, que le ministère des Postes et Télécommunications a mandaté en ce même mois de mars 2017, le cabinet suédois Cybercom Group, afin qu’il réalise un audit de la qualité des services offerts par les opérateurs de télécommunications Mtn Cameroon, Orange Cameroun, Viettel Cameroun et Camtel. Plus de dix-huit mois plus tard, alors que les résultats de cet audit tardent à se poser dans leur intégralité sur la table du Président de la République, et que parallèlement, ni la qualité ni les coûts des services querellés n’ont connu une quelconque amélioration, « l’homme du 6 novembre » revient à la charge avec plus de véhémence par une prescription spéciale depuis deux jours.

Déjà dans une communication émise le vendredi 27 octobre 2017, Minette Libom Li Likeng, la ministre des Postes et Télécommunications, précisait que « se pencher durablement sur le problème récurrent de la qualité de service côté opérateur et côté utilisateur, dans le secteur des télécommunications sur la base des exigences des cahiers de charge des opérateurs, en vue de propositions concrètes susceptibles d’apporter une solution définitive à toutes les problématiques y afférentes » restait l’une des principales stratégies du gouvernement dans son combat permanent pour l’amélioration des conditions de vie des populations en général et des consommateurs du secteur des télécommunications en particulier. Faudrait-il rappeler ici que Paul Biya a fait de l’essor de l’économie numérique une préoccupation majeure, puisqu’elle représente un vivier important d’emplois pour sa jeunesse. Sous son impulsion, l’Etat entend donc tout mettre en œuvre pour répondre aux exigences de développement de l’économie numérique à travers la planète, afin qu’elle contribue réellement à propulser le pays au statut de pays émergent d’ici à 2035.

Pour revenir à l’étude commanditée en mars 2017, les résultats fournis par le cabinet consultant dressent un état des lieux assez accablant. En effet, l’audit réalisé sur 61 points statiques représentant 30 villes et plus de 60 villages dans les dix régions de notre pays, confirme une dégradation de la qualité de services chez tous les opérateurs. Pour cause, le non-respect de leurs cahiers de charge. Aussi, le régulateur ne dispose pas des moyens techniques à jour dans l’accompagnement de ces opérateurs en termes de contrôle en temps réel de leur qualité de service. Plus spécifiquement, les lacunes constatées portent sur l’insuffisance des investissements par rapport à l’accroissement du nombre des abonnés, des lacunes techniques au niveau du réglage des équipements (non-respect des normes internationales et du paramétrage des certains équipements réseau), et enfin, un dimensionnement des réseaux non-optimisé. Et ces conclusions restent aujourd’hui plus qu’hier d’actualité.

Les différents opérateurs interpelés sont donc obligés, sous un contrôle strict du régulateur lui-même invité à s’arrimer aux nouvelles exigences, de se conformer aux différents cahiers des charges, afin que les offres du secteur à l’instar de la fameuse 4G, soient des réalités pour le bonheur des consommateurs du Cameroun.

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