Archives gages d’un solide avenir. Des experts en concertation à Yaoundé

Le Palais des Congrès de Yaoundé a été pris d’assaut depuis lundi 26 novembre dernier par environ 500 bibliothécaires et archivistes venus du monde entier. Au centre des débats, l’importance des archives.

Charles ABEGA

C’est donc sous la présidence de Philémon Yang, Premier ministre et représentant personnel du Chef de l’Etat, et en présence de David Fricker, Président du Conseil International des Archives, que les travaux de la 8e édition de la Conférence internationale de ladite organisation se sont ouverts ce lundi dans la capitale camerounaise. Pour prendre part aux travaux prévus pour trois jours, des experts venus de pas moins de soixante pays et des cinq continents. Pour donner le ton, David Fricker dira : « Rien n’est possible sans les archives. Les archives c’est nous, c’est notre histoire, c’est notre devenir ». Au centre des préoccupations pendant ces échanges scientifiques, la compréhension du concept d’archives et surtout, sa pertinence dans l’existence et le désir de projection d’une société. Ainsi, il est revenu à Jean Louis Roy, Président-Directeur Général des Bibliothèques et Archives nationales du Québec au Canada, invité d’honneur de l’évènement, d’en relever la sacralité. Il a précisément tenu à rappeler que la mémoire de l’Afrique est vaste, citant quelques cas pour lesquels le Cameroun s’est distingué grâce aux archives. En bonne place de ce rappel, le retour à la paix et la restitution totale au pays de Paul Biya de la péninsule de Bakassi. Un fait qui n’a été possible que grâce aux vieilles cartes, aux rapports et témoignages laissés par les gouverneurs et militaires d’antan au Cameroun et au Nigéria. « Ne pas investir dans les archives, c’est désinvestir dans l’avenir », en a-t-il conclu. Des propos salués par l’assistance et réitérés par Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Arts et de la Culture. Le Minac a, à son tour, insisté sur le fait que « les archives méritent d’être célébrées dans un contexte où les traditions et culture ont souvent été marquées par l’oralité ».

L’événement organisé sous le thème « Archives : gouvernance, mémoire et patrimoine » a dû permettre d’aborder la question sous l’angle de la décolonisation, de la photographie, mais aussi des innovations en matière d’accès aux documents archivés, des enjeux panafricains et de développement durable. Par ailleurs, l’appropriation optimale des outils nécessaires à la conservation des archives, mais surtout des process utilisés par les uns et les autres dans leurs pays, est une véritable mine d’or pour chaque participant et pour l’Etat qu’il représente. Et l’Afrique dont l’oralité a souvent été appréciée pour son originalité, est malheureusement restée longtemps orpheline de ses mémoires, emportées dans le temps par les hommes qui les ont bien souvent incarnées.

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