Crise anglophone et éducation. Des écoles dites « anglophones » envahissent le reste du pays

La violence générée par la crise dans les deux régions anglophones du Cameroun a inéluctablement des impacts sur le reste du pays. Et le premier est certainement celui de la mobilité humaine, avec naturellement, tous ses corolaires.

Charles ABEGA

Les opérateurs économiques et notamment ceux exerçant dans le secteur de l’éducation sont peut-être les plus vernis, en cette période préparatoire aux rentrées scolaires et académiques. En effet, ceux qui ont flairé le bon coup et qui ont anticipé, pourront encaisser les milliers d’élèves et étudiants ayant fui les exactions perpétrées dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, suite à la crise sociopolitique et sécuritaire qui y bat son plein depuis environ un an. A ce jour donc, l’on dénombre dans la seule ville de Douala pas moins de trente nouveaux groupes scolaires intégrant chacun l’enseignement primaire ainsi qu’une section secondaire, tous uniquement réservés aux élèves d’expression anglaise.

Les groupes scolaires et centres éducatifs déjà existants se sont également préparés à encaisser une partie de cette marée. Sur les différents sites, des chantiers d’agrandissement des locaux, pour augmenter la capacité d’accueil de leurs établissements. Le secteur public quant à lui n’est pas resté à la traîne puisque plusieurs lycées et CES vont connaître une mue et se transformer officiellement en établissements bilingues. Le gouvernement qui reste bien évidemment vigilent sur toute cette activité sensible, veille au respect des normes prescrites par la règlementation en vigueur dans ce secteur. Plusieurs chantiers ont ainsi été suspendus à Douala, après les rapports des missions de contrôle. Car parfois, certains promoteurs investissent sur des sites non-indiqués, avec des risques d’accidents graves pour les enfants, soit à cause de la proximité avec des cours d’eau ou des voies de communication rapide comme le chemin de fer. L’étroitesse du site pourrait également représenter un facteur d’arrêt des travaux, estimant les locaux peu propices à l’épanouissement de l’enfant.

Le gouvernement précise par ailleurs qu’il n’est point question de vider les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de leurs jeunesses, mais de parer au plus pressé, et se rassurer que tous les enfants du Cameroun auront bel et bien une année scolaire effective et tranquille, en attendant la résolution complète de la crise.

En dehors de la ville de la capitale économique, Yaoundé, Bafoussam et d’autres grandes villes du pays se disent prêtes à recevoir les enfants dans de bonnes conditions, dès la toute prochaine rentrée de septembre.

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