Chronique judiciaire Akere Muna débarqué de la gestion de la succession Tandeng Muna

Cette décision du Tribunal de première instance de Douala discrédite définitivement  le candidat à la présidentielle d’octobre 2018.

Pierre NGOM

En se jetant dans la course au palais de l’Unité, Akere Muna a placé sa candidature sur les valeurs d’intégrité, d’honnêteté et de patriotisme. L’ancien bâtonnier se fait même déjà appeler « monsieur le président ». En vue de conquérir les déçus de la politique qu’il sait nombreux, l’ancien vice-président de Transparency International se positionne comme une alternative aux politiciens «véreux, corrompus et calculateurs». Ce discours devrait avoir encore plus du mal à passer. L’image d’homme intègre qu’il tentait de se construire s’est effondré le 14 août dernier par une décision du tribunal de première instance de Douala. « Me Akere Muna débarqué de l’administration des biens de feu Solomon Tandeng Muna ce 14 août 2018 pour mauvaise gestion et tricherie. En effet, le jugement 708/L le désignant administrateur des biens Muna en 2009 vient d’être  rétracté à Douala », nous apprend Me Faustine Fotso, l’avocate d’Ama Tutu Muna.

L’ex-ministre des Arts et de la Culture a engagé une série d’actions en justice contre son frère ainé. Ama Tutu Muna reproche à Akere Muna sa gestion de l’héritage de leur père et réclame sa nomination comme coadministratrice de la succession. Elle l’accuse de faux et usage de faux et affirme n’avoir jamais eu connaissance du jugement d’hérédité établi par la famille à la mort en 2002 de l’ancien Premier ministre. Un volet de cette affaire est toujours pendant devant les tribunaux de Yaoundé. Lors de la dernière audience intervenue au tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif le 28 août 2018, le parquet a produit un rapport d’expertise graphologique. Ce rapport  établit clairement  que la signature d’Ama Tutu a été grossièrement imitée et le cachet de la compagnie  de gendarmerie a été fabriqué. Il a en effet été prouvé que cette unité imaginaire n’existe pas.

Une nième affaire devrait donc finir de ruiner le peu de crédibilité que certains accordaient encore à cet avocat. Lui dont les accointances avec les terroristes sécessionnistes ont été mises en exergue par le gouvernement. Lors d’un point de presse le 9 octobre 2017, Issa Tchiroma, ministre de la Communication, avait en effet, informé que le candidat à l’élection du 7 octobre avait, en complicité avec d’autres Camerounais basés à l’étranger dont Julius Sisiku Ayuk Tabe, Wilfried Tassang, «planifié un bain de sang» le 1er  octobre 2017. Le but de ce plan macabre : provoquer «une intervention internationale». Pour ne rien arranger, il s’est ajouté ces derniers mois des rumeurs de financements par les Etats-Unis.

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