Crise anglophone. 289 séparatistes retrouvent la liberté

Ils ont pu goûter aux joies de la vie loin des barreaux dans la plupart des cas après des audiences publiques dans les Cours de justice de la République.

Aziz ABDELAZIZ

Pour certains, le père Noël est arrivé avant l’heure. Précisément vendredi dernier pour la plupart des 289 séparatistes ayant bénéficié de l’arrêt des procédures décidé par le chef de l’Etat. À Yaoundé, la nuit tombée, les ex-prévenus se sont lâchés et ont poussé quelques cris. Ceux de la liberté : « we are free ooohh ! », pouvait-on entendre. Des expressions de joie qui ont été précédées par une audience publique tenue au tribunal militaire. Celle-ci a débuté à 14 h précise sous la présidence du colonel Abega Mbezoa Epse Eko Eko qui a rapidement passé la parole au commissaire du gouvernement pour ses réquisitions. Ces dernières sont construites autour de l’arrêt de poursuites judiciaires notifiées par décision du ministre délégué à la présidence, chargé de la Défense. Dans son argumentaire, le représentant du ministère public convoque les dispositions du code de procédure pénale et du code de justice militaire, pour souligner la légitimité et la légalité de cet acte présidentiel, dont le but est la sauvegarde de la paix, de la sécurité et de la stabilité. À 14h 24, la présidente du tribunal militaire de Yaoundé va par la suite constater l’arrêt des poursuites. En début de soirée, 85 ex-pensionnaires des prisons centrale et principale de Yaoundé ont été transportés, aux frais du gouvernement, vers leurs lieux d’interpellation. Le même jour, les 33 personnes en garde-à-vue à la gendarmerie nationale et les deux à la police judiciaire, ont également été libérées.

« Je remercie le président de la République pour l’effort qu’il a fourni. Je prie le bon Dieu que cet effort continue de cette manière. Je dis à mes amis du Nord-Ouest et du Sud-Ouest que la guerre n’est pas bonne, qu’ils reprennent leurs esprits et qu’ils se sentent Camerounais à part entière ». Des mots qui émanent d’Antoine Bissene Ekani, détenu libéré à la prison centrale de Douala. Il fait partie des ex-bagnards libres depuis le 14 décembre dernier. Peu avant 14h, le colonel Pauline Ambani, présidente du Tribunal militaire de Douala, lève la séance de l’audience spéciale destinée à mettre en application la décision présidentielle datant de la veille. Ils étaient 14 prévenus à voir ainsi les charges qui pesaient contre eux, totalement abandonnées. Des infractions qui avaient pour qualifications : hostilité contre la patrie, faits d’actes de terrorisme, conspiration d’actes de terrorisme, blanchiment des produits des actes de terrorisme, coaction de vol avec port d’arme à feu, non-dénonciation, destruction, etc. A Bafoussam, ce sont 16 détenus qui ont trouvé le même sort vendredi dernier à la suite du passage devant le juge militaire. Parmi ceux-ci, cinq dont le dossier était encore chez le juge d’instruction ont bénéficié d’une ordonnance de main levée d’office du mandat de détention provisoire. Après leur sortie, les ex-détenus ont reçu la visite du gouverneur de la région de l’Ouest, Augustine Awa Fonka. L’autorité administrative a salué leur libération et a recommandé aux uns et autres un retour à de saines occupations. Deux cars de transport ont escorté les détenus dans leurs localités respectives.

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