Barrage de Nachtigal. Les députés examinent le financement

Devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, le ministre délégué aux Finances, Yaouba Abdoulaye, a défendu hier, le projet de loi permettant à l’Etat d’être garant financier.

Aziz ABDELAZIZ

Un secret de polichinelle. La traditionnelle session du mois de novembre est dédiée à l’adoption du budget de l’Etat du Cameroun pour la prochaine année civile. Avant de se projeter sur celui-ci, cette session parlementaire joue les prolongations relativement au budget de l’année en cours. En effet, la loi de finances du Cameroun pour l’exercice 2018 va subir quelques changements. Le texte portant ratification de l’ordonnance du 2 octobre 2018, modifiant et complétant certaines dispositions de la loi de finances, a été envoyé et discuté hier au sein Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale. Déposé mercredi dernier, le projet de loi a été défendu par Yaouba Abdoulaye, ministre délégué auprès du ministre des Finances.  Pour la circonstance, il était accompagné par le ministre de la Faune et de la forêt, Jules Doret Ndongo, agissant en qualité de représentant du gouvernement.

L’Ordonnance signée par le président de la République le 2 octobre dernier avait pour objectif de relever le plafond des avals fixé à 40 milliards de F, que l’Etat est autorisé à accorder aux sociétés d’économie mixte pour l’année 2018. De façon concrète, il s’agit de l’argent mis en réserve pour servir de garantie de l’Etat. Or, l’Etat du Cameroun souhaite réaliser le projet d’aménagement hydro-électrique de 420 mégawatts sur le site de Nachtigal-amont. C’est dans cette perspective qu’un accord de développement en commun été établi dans le cadre du partenariat public-privé. Il met en relation d’une part, l’Etat du Cameroun et d’autre part la Société Electricité de France international (EDFI) et la Société financière internationale (SFI) du Groupe de la Banque mondiale.

Dans la même veine, il est envisagé les signatures prochaines de plusieurs conventions d’engagement et de cession de crédit local. Afin de faciliter la mobilisation des fonds, l’Etat se porte ainsi garant des passifs financiers pour un montant maximum de 723 milliards de F, en cas de résiliation. L’objectif explicite de la modification de la Loi de finances est d’autoriser le gouvernement à accorder l’aval de l’Etat à ce montant, permettra de respecter ses engagements. Au final, le Cameroun pourra densifier son offre et améliorer sa fourniture en énergie. La ratification de cette Ordonnance par le Parlement devrait lui conférer plus de force probante dans la mesure où elle ne relèverait plus du pouvoir réglementaire.

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