La prestation de serment. Une solennité forte en engagements

Marquée par l’innovation qu’a constituée l’entrée en scène du Conseil Constitutionnel pas encore opérationnel le 3 novembre 2011 lors de la précédente cérémonie de prestation de serment, cette solennité fut un haut-lieu d’échanges d’engagements entre le nouvel élu et son peuple.

Charles ABEGA

L’honorable Cavayé Yéguié Djibril, président de l’Assemblée nationale dans son propos introductif précédant le rituel en lui-même de la prestation de serment, a été suffisamment clair. « Ils sont tous Camerounais de la même « camerounité » … Ils se reconnaissent tous en vous… » Inutile de rappeler qu’en de telles circonstances, le président de la chambre basse du parlement se fait la voix de tout un peuple. Ce peuple qui l’a déjà élu lui comme son député, et qui vient de renouveler sa confiance en un autre homme, Paul Biya, cette fois homme d’exception, à la tête de l’Etat une fois de plus, pour un nouveau septennat. Un septennat de défis tous aussi nouveaux que révolutionnaires, destinés à asseoir définitivement le Cameroun, aux premières loges du train de l’émergence. D’ailleurs, juste après sa septième prestation de serment, les premiers mots du nouveau président de la République viennent épouser voire sublimer cet engagement du peuple, Son peuple.

Ainsi, pour Paul Biya, ce serment a « valeur d’engagement irrévocable », pour reprendre sa propre terminologie. Une détermination qui devra porter ce qu’il a baptisé lui-même « le septennat des Grandes opportunités », avec pour priorité la consolidation des Grandes réalisations et l’achèvement des Grands chantiers. Et selon l’homme d’Etat ainsi désigné, ceci passe entre autres par l’accélération du processus de décentralisation déjà en cours, et des efforts continus pour un retour progressif de la croissance. Pour cela, une nouvelle impulsion devrait être donnée aux différents grands projets structurants, l’industrie devrait se faire plus performante, la nation toute entière devrait aspirer à devenir l’un des plus grands producteurs d’énergie du continent… De même, les acquis sont à consolider avec une gestion des finances publiques de plus en plus assainie, la poursuite des réformes structurelles déjà engagées et la dynamisation de l’édifice institutionnel avec l’effectivité du Sénat et du Conseil Constitutionnel.

A titre d’engagements, que penser de celui que prend l’homme fort d’Etoudi à ériger l’émergence du Cameroun en « grande cause nationale » avec, la promesse ferme de travailler à l’élaboration d’un dispositif de sécurité sociale efficace, ainsi que la matérialisation de mesures nécessaires pour l’amélioration des conditions de travail du personnel de la fonction publique. Sur le plan sécuritaire, Paul Biya s’est principalement adressé aux « entrepreneurs de guerre » qu’il a invités prestement à déposer les armes. En outre, il a tenu à leur rappeler qu’en cas d’entêtement, ils « se heurteront non seulement à la rigueur de la loi, mais aussi à la détermination de nos Forces de Défense et de Sécurité. » Le retour au calme et à la sérénité dans les deux régions anglophones en crise, sont dans cet ordre d’idées des priorités majeures du nouvel élu.

Et comment conclure sans évoquer cet ultime engagement à l’endroit de la jeunesse et ses aspirations à toujours plus d’épanouissement ? Au désir de cette couche sociale précieuse à toujours plus s’impliquer à la prise de décisions ? Il a promis d’en tenir éminemment compte dans les différentes orientations qu’il devra donner, dans l’exercice de sa fonction à la tête de l’Etat.

Chose forte au bout de cet énième moment de fusion et de communion, le désir fort de se faire aider par le peuple camerounais « à continuer dans la paix, l’œuvre de construction nationale » déjà harmonieusement entamée. Un autre rendez-vous avec l’histoire qui part sur une suite d’engagements fermes et réalistes, qui reposent sur des faits apparents édifiants, que l’homme du renouveau a bâti avec méthode et patience, aidé ou plutôt, porté fidèlement par ce peuple dont la maturité et la résilience sont devenues des marques de fabrique que lui envient les habitants des pays alentour. Au bout de l’engagement ou si l’on préfère, de la suite d’engagements énoncés, un faisceau de rayons lumineux plus qu’un simple espoir d’indépendance et de décollage définitif du Cameroun, pilier de tout un bloc sous-régional.

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