Maurice Kamto, de la démagogie à la virginité politique

L’histoire est têtue, et les archives nous ramènent souvent à des analyses déconcertantes. C’est aussi vrai que la politique est l’art de la persuasion. Le professeur Maurice Kamto, dans le dernier épisode de la virginité politique, démontre comme plusieurs candidats de l’opposition, des retournements de situation et des changements de cap que seul le clientélisme politique peut expliquer.

Baleba Didier

Le professeur Maurice Kamto a défendu le Cameroun dans l’affaire de Bakassi. Dans cette mission, il serait ingrat de ne pas lui reconnaître un certain doigté, et comme Cabral Libii l’a déclaré devant un journaliste de Rfi, il ne peut se détacher de la responsabilité gouvernementale, du moins, pendant la période où il en faisait partie. Devant le journaliste Charles Ndongo, alors éditorialiste à la CRTV, la radiotélévision nationale camerounaise, il ne manquait pas d’éloges pour le président Paul Biya dont il appréciait la sagesse. Il a dû démissionner en son temps, pour des raisons que l’on va connaître plus tard, et il est effectivement de son droit d’être candidat à la présidence de la République. Mais tout de même, ce qui semble fort, politique oblige, ce candidat excelle depuis le début de son nouveau positionnement, dans les tirs les plus virulents contre le président Paul Biya avec qui il a traité pourtant très étroitement certains dossiers sensibles. De là à croire que Maurice Kamto ne roule que pour de l’argent, il n’y a qu’un pas ; encore que les services rendus à la nation n’étaient pas si gratuits… On y reviendra. C’est pourquoi le proverbe dit bien que les beaux parleurs ne sont pas les beaux diseurs, comme ces donneurs de leçons qui dénoncent les dérives autoritaires au Cameroun, et qui ont battu les records d’expropriation de l’exécutif de leur pays en très peu de temps. Cela, il faudrait que l’opinion le sache, car la qualité d’un homme politique c’est la sincérité de ses positions et un minimum d’honnêteté intellectuelle. En dehors des petits tours d’angélisme de Maurice Kamto, on l’a également senti très mercantile dans les dividendes que pouvait apporter la crise anglophone, sur le plan de la récupération, sans que pour autant le candidat n’ait pris de position claire sur la forme de l’État. Une fuite en avant comme la pratique récurrente de plus d’un candidat.

Lui qui remet en question l’âge avancé du Chef de l’Etat, il est pourtant celui qui fustige le manque d’expérience d’un jeune candidat de l’opposition, investissant constamment sur la misère de l’actualité de la zone crisogène du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En analysant alors la vraie identité politique de ce candidat, on s’attend à voir monter en puissance des méthodes de clientélisme au goût versatile. Cette campagne à la fin semble quelque peu ennuyeuse avec le pédigrée de quelques candidats dont les tirs convergent vers un seul homme,  et qui étayent bien l’adage qui dit que l’on reconnaît l’importance d’un individu par le nombre de ses ennemis. Mais si l’on veut diriger le Cameroun, l’on n’est pas forcément obligé de mentir aussi opiniâtrement, et le minimum serait de ne pas être en rupture avec les valeurs ou les idées d’hier. L’originalité d’un projet politique pèserait mieux sur la balance, et ce ne sont pas les options idéologiques qui manquent. Mais comme beaucoup a déjà été fait avant, par le Chef de l’Etat Paul Biya, les projets proposés sonnent creux, et l’on tombe dans la facilité de la diffamation.

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