Prestation de serment. Au-delà de tout formalisme

En prêtant serment ce mardi 6 novembre 2018, le président de la République nouvellement élu recevra du peuple et de toute l’institution ainsi représentée, toute l’onction nécessaire pour l’exercice de sa fonction.

Charles ABEGA

C’est donc officiel. Ce mardi 6 novembre 2018, devant les membres du parlement, du Conseil constitutionnel et de la Cour suprême réunis en séance solennelle, Paul Biya s’engagera pour un nouveau septennat à la tête de l’Etat, après l’élection présidentielle du 7 octobre dernier. La cérémonie qui a pour cadre le palais de l’Assemblée nationale marque ainsi l’entrée en fonction officielle du président de la République dont le mandat vient d’être renouvelé par une écrasante majorité du peuple camerounais. Ce rituel qui a pour ressorts la Constitution du 18 janvier 1996 et la loi du 19 avril 2012 portant Code électoral (modifiée et complétée par la loi du 21 décembre 2012) vise à garantir les devoirs du président de la République, chef de l’Etat ainsi que ses obligations régaliennes. Par le serment, le président fraichement élu promet d’être le gardien de la constitution et proclame solennellement son engagement à la protéger et à garantir son respect. Au-delà de tout clivage politique et religieux, il devient le président de tous les Camerounais, en tout temps et en toutes circonstances. Voilà le lourd contenu du fameux « Je le jure » ou si vous préférez comme il le fit d’antan, « I do so swear ».

Ainsi, dans un premier acte, deux principaux acteurs entreront en scène à savoir, le président de l’Assemblée nationale qui reçoit le serment du président de la République après lui avoir posé la question rituelle telle que le dispose la loi portant Code électoral en son article 140 alinéa 2 :  « Monsieur le président de la République, vous engagez-vous sur l’honneur à remplir loyalement les fonctions que le peuple vous a confiées et jurez-vous solennellement devant Dieu et devant les hommes de consacrer toutes vos forces à conserver, protéger et défendre la Constitution et les lois de la République du Cameroun, à veiller au bien général de la Nation, à soutenir et à défendre l’unité, l’intégrité et l’indépendance de la Patrie camerounaise ».

La formule du serment rappelle en réalité le rôle constitutionnel du chef de l’Etat tel que défini à l’article 5 de la Constitution : « Le Président de la République est le chef de l’Etat. Elu de la Nation tout entière, il incarne l’unité nationale ; Il définit la politique de la nation ; Il veille au respect de la Constitution ; Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ; Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la permanence et de la continuité de l’Etat, du respect des traités et accords internationaux ». Et c’est la main droite levée qu’il donnera la réplique déjà célèbre évoquée plus haut.

En prêtant ainsi serment devant les membres des quatre grandes institutions de la République : les députés, les sénateurs, les membres du Conseil constitutionnel et les membres de la Cour suprême, le nouveau chef de l’Etat exprime d’une part une fidélité absolue aux institutions de la République et d’autre part son engagement personnel de remplir les obligations qui sont désormais les siennes, telles que les définit la loi fondamentale, d’où la haute valeur symbolique de l’évènement. L’acte du serment est ensuite signé par le président de l’Assemblée nationale puis cosigné par les présidents des trois autres institutions.

La seconde partie de ce rituel se déroule ensuite au Palais de l’Unité. Le président de la République reçoit du Grand chancelier des Ordres nationaux les attributs de Grand maître des Ordres nationaux. Investi de tous ses pouvoirs constitutionnels, le chef de l’Etat peut donc se présenter au corps diplomatique accrédité au Cameroun ainsi que devant les corps constitués nationaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

dix-huit − deux =