Auto proclamation de Maurice Kamto. Les concurrents électoraux et la société civile dénoncent

À l’unisson, acteurs de la société civile et les candidats à l’élection de dimanche dernier condamnent l’attitude méprisante du candidat du Mrc.

Aziz ABDELAZIZ

Le mauvais présage s’est profilé 48 heures avant le scrutin présidentiel de dimanche dernier par Paul Eric Kingue, directeur de campagne du candidat du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Comme annoncé, Maurice Kamto est passé à l’acte en s’autoproclamant président de la République, 24 heures après la tenue du scrutin. Comme une plaisanterie de mauvais goût, l’ancien Garde des sceaux, devant les flashs et les cameras des médias nationaux et internationaux, exhorte le président de la République en exercice à activer les mécanismes de transfert pacifique du pouvoir.

Un mépris des textes et règlements en vigueur qui a très rapidement suscité la surprise et l’indignation chez certains candidats en lice dimanche dernier. C’est le cas de Garga Haman Adji, le candidat de l’Alliance pour la Démocratie et le Développement qui fustige une telle démarche de l’une des têtes couronnées du droit camerounais. « Je suis surpris parce que Maurice Kamto est un juriste. Je crois même qu’il est agrégé de droit public.  On doit respecter le droit, surtout si on l’enseigne. On n’est pas dans une anarchie. Le juriste, même émérite doit être raisonnable en montrant l’exemple lui-même et en donnant l’exemple à ses étudiants », a-t-il déclaré. Une attitude nombriliste préméditée selon Serge Espoir Matomba, candidat du PURS pour qui « la sortie de M. Kamto répond certainement à une stratégie pensée par lui avant l’élection ». Pour Joshua Osih du SDF, les conséquences néfastes de cette sortie médiatique sont à éviter. « Nous pensons et nous espérons que l’agitation n’ira pas jusqu’à des pertes en vies humaines », s’est exprimé le candidat au bulletin de vote rose.

Même son de cloche du côté de la société civile. Le Conseil Camerounais des Imams condamne avec la dernière énergie, toute proclamation unilatérale de victoire « par un quelconque parti en lice ou qui que ce soit en dehors du Conseil Constitutionnel ». Pour ledit conseil, le climat social actuel appelle tous les citoyens à davantage de maturité et de respect des normes en vigueur pour le triomphe de l’harmonie sociale. Pour Pierre Nenkougang Wamba, président national de la Ligue des Consommateurs du Cameroun, dévoile le caractère intolérable de la réaction de Maurice Kamto. « La sortie du Pr. Maurice Kamto est tout à fait regrettable. Il s’est autoproclamé président de la République, alors que le conseil constitutionnel ne s’est pas encore prononcé. Il a ainsi violé la loi que lui-même a contribué à mettre en place. Il promet de défendre sa victoire par tous les moyens, y compris par le sang des Camerounais. C’est totalement inacceptable ». Malgré la menace soulevée, le gouvernement entend faire usage de ses droits régaliens. À cet effet, vendredi dernier, le ministre de l’Administration territoriale rappelait l’application in extenso de la loi en cas de tout écart de comportement.

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