Présidentielle 2018. Le satisfecit de la mission d’observation de l’Union Africaine

Son chef a livré ses conclusions au cours d’un point de presse. Il ressort que le scrutin du 7 octobre s’est bien déroulé dans l’ensemble.

Pierre NGOM

« L’élection du 7 octobre s’est tenue dans un environnement politique calme et malgré les défis sécuritaires, en particulier, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest perturbées par le groupe des Ambaboys et par Boko Haram qui sévit dans l’Extrême-Nord ». C’est la conclusion préliminaire de la Mission d’Observation Electorale de l’Union Africaine (MOEUA). Le chef de cette mission, l’ancien Premier ministre togolais Artheme Kwesi S. Ahoomey Zunu, a donné une conférence de presse ce 9 octobre à Yaoundé. A l’en croire, Elections Cameroon (Elecam) « a fourni des efforts importants pour tenir de manière progressive les parties prenantes informées des avancées dans le processus électoral. » La mission a également constaté que Elecam a fait des efforts considérables pour « préparer ce scrutin présidentiel notamment en ce qui concerne la formation du personnel des bureaux de vote, le déploiement de matériel électoral et cela dans un contexte sécuritaire difficile dans les zones en conflit ». La mission de l’UA constate en plus que la campagne électorale « a été pacifique dans l’ensemble des régions sauf pour celles en criss ». Pour en arriver à cette conclusion, 33 observateurs ont été déployés depuis le 4 septembre 2018 et ont visité 176 bureaux de vote.

Artheme Kwesi S. Ahoomey Zunu a aussi réagi à la démarche de Maurice Kamto, candidat à cette présidentielle pour le compte du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui s’est autoproclamé le 8 octobre vainqueur de cette élection, pour la condamner. « Je crois qu’il se trompe. Il faut qu’il révise sa position. Il faut qu’il attende la fin des quinze jours pour prendre position ».

Si dans l’ensemble l’élection s’est bien déroulée, il y a néanmoins un certain nombre de points à corriger. La mission relève des incidents mineurs et la faible représentativité des femmes, tout comme l’implication minime de la société civile dans ce processus électoral. Au Ministère de l’Administration Territoriale, institution étant en partie liée au processus, la MOEUA déplore le fait que le « processus d’accréditation était fastidieux pour les missions d’observations internationales ». Elle indique aussi que « la somme et le moment auxquels ce décaissement a eu lieu ont sérieusement affecté la première semaine de la campagne des partis de l’opposition ». Tout comme elle reproche à la CRTV et à Cameron tribune, les médias publics, d’avoir accordé « une couverture trois fois plus importante au candidat de la majorité ». Elle a invité les autorités à corriger ces aspects afin de consolider la démocratie camerounaise.

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