Comptoir à esclaves de Bimbia. Et si l’on passait au patrimoine universel !

L’inscription de ce site au patrimoine culturel mondial a été au centre d’une réflexion qui a tenu sur deux jours, au Musée national de Yaoundé.

Charles ABEGA

Une fois mis en lumière grâce aux activités de l’Ong Ark-Jammers et leur programme de « reconnexion » des descendants d’esclaves avec la terre d’origine d’Afrique, le site historique de Bimbia dans l’arrondissement de Limbé III, département du Fako, dans la région du Sud-Ouest n’a cessé de susciter un certain intérêt auprès de nombreux publics, aussi bien d’experts que de simples curieux, venus aussi bien du Cameroun que du reste du monde. Ce site dont l’existence a été longtemps ignorée par la communauté scientifique camerounaise, en témoigne le manque criard de documents et de communication autour de lui, tout comme autour des activités esclavagistes en terre camerounaise, a tout de même déjà été inscrit par le Ministère des Arts et de la Culture (Minac), comme bien du patrimoine mondial à valeur historique, c’était en 2013. Une initiative qui a permis au Cameroun d’obtenir de l’Unesco, le très recherché label de « Route de l’esclave », à l’issue du symposium international sur la traite négrière, organisé à Yaoundé et à Paris, la … année.

Sous l’impulsion du Pr Narcisse Mouellè Kombi, ministre des Arts et de la Culture, un séminaire-atelier de deux jours a donc été lancé dans l’enceinte du Musée national de Yaoundé, afin d’étudier toutes les éventualités et les conditionnalités de l’inscription de l’ancien comptoir d’esclaves, sur les précieuses tablettes de l’Unesco, comme patrimoine touristique mondial. Autour du ministre, des experts de l’Unesco et plusieurs historiens pour mettre à contribution leur savoir-faire. Selon Mouellè Kombi, au regard de « l’ampleur du phénomène dont il a été le siège je veux parler de la traite négrière, il est un élément de la mémoire de l’humanité toute entière. » A travers ces travaux, il convient de répertorier et de mettre en relief tous les éléments objectifs acquis sur la base de méthodologies scientifiques, pouvant permettre la construction de la valeur universelle exceptionnel de ce site. Des éléments qui contribueraient donc à sa prise en considération et à son inscription au patrimoine mondial de l’humanité tenu par l’Unesco.

Si la pertinence des travaux de Yaoundé n’est plus à démontrer, il convient de préciser que sa mue de bien national au rang plus élevé qu’impose une classification au patrimoine mondial, donnerait un réel coup de fouet à la considération que lui portent la communauté intellectuelle internationale, avec aussi bien les historiens, les socio anthropologues et autres catégories d’universitaires, ainsi que les opérateurs touristiques du monde entier, et donc par conséquent boosterait ses fréquentations, avec un impact certain sur l’activité économique locale et nationale. Le site de Gorée au Sénégal en un exemple patent.

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