Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme. Le Cameroun prêt pour la riposte

La vigilance est de mise avec la montée actuelle des irrédentismes et autres formes de manifestation du crime organisé à travers le monde. Et le Cameroun, sans attendre d’être englué par le phénomène, s’affûte.

Charles ABEGA

Les travaux de Yaoundé visent donc prioritairement à évaluer les menaces auxquelles peut s’exposer le pays, aussi bien dans leur typologie que dans leur degré de nocivité. Bref, il revient de sonder foncièrement ces phénomènes qui gangrènent considérablement l’économie à l’échelle planétaire. De lundi à mercredi, il faudra donc en savoir davantage sur les techniques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme qui continuent de réel danger pour l’économie nationale, sans parler de la menace sur la stabilité sociopolitique, conséquence immédiate de la psychose générée par les violences terroristes sur les populations. Ces crimes économiques favorisés par plusieurs facteurs tels que les activités de la finance mobile, un faible encadrement des organismes à but non-lucratif ou encore le vacuum juridique entre autres.

Ainsi, les travaux ouverts ce lundi 19 novembre à Yaoundé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, devraient permettre au gouvernement du Cameroun et à ses partenaires de choix dans ce combat que sont notamment la Banque Mondiale, le Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent et le Financement du Terrorisme (GABAC), l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF), d’établir une véritable plateforme à partir de laquelle des actions de prévention, de contrôle et de représailles pourraient être déclenchées, pour prémunir l’économie camerounaise et partant, de la sous-région Afrique Centrale, de plusieurs désagréments dans les secteurs des douanes, des finances, du trésor, de la justice, etc. L’atelier de lancement de l’évaluation nationale des risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme au Cameroun, est loin d’être un simple fait fantaisiste. Selon plusieurs experts, le blanchiment des capitaux est un problème réel dans notre environnement, tout comme celui du financement du terrorisme. C’est par exemple fort de plus de 700 rapports transmis aux autorités judiciaires compétentes, sans parler des milliers de déclarations de fraude, que la sonnette d’alarme a été tirée, et la décision de passer à l’action prise. Dans une déclaration, Hubert Nde Sambone, Directeur de l’ANIF, redisait toute la pertinence de cet atelier qui, selon lui, est déjà une bonne base permettant de pouvoir envisager une prise de mesures fortes et significatives, avec au bout, plus d’efficacité face aux menaces identifiées.

Au terme de l’atelier de trois jours, un rapport final sera établi pour une évaluation mutuelle qui aura lieu dans les prochaines semaines. « C’est un processus. Tous les pays de la CEMAC ont été soumis à une évaluation mutuelle du premier cycle où nous avons fait la photographie de l’Etat par rapport à la mise en œuvre de notre dispositif de lutte contre le blanchiment. On a terminé. Maintenant, on commence le second cycle mais avant l’évaluation du second cycle, il y a un préalable : c’est l’évaluation des risques, c’est ce que nous faisons aujourd’hui », a reprécisé Gervais Mbata, Secrétaire permanent du GABAC, une institution spécialisée de la CEMAC.

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