Cameroun – crise anglophone : Trente étudiants et le PCA du GCE Board enlevés

Des médias camerounais citant des sources proches de la légion de gendarmerie du Sud-ouest annoncent que, le 17 mars dernier, une une trentaine d’étudiants de l’université de Dschang, à bord d’un bus, ont enlevés en même temps que le PCA du GCE Board, le Pr IVO Leke Tambo, dans la localité de Fontem, arrondissement d’Alou, département du Lebialem, dans la région du Sud-ouest par des individus armés de fusils et encagoulés à bord d’un pick-up.

D’autres sources annoncent que 4 personnes ont été blessées dans le village d’Alou alors qu’elles se rendaient elles aussi à cette cérémonie.

Les auteurs de cet enlèvement, selon les mêmes sources, seraient des membres de l’Ambazonia Defence Forces (ADF), la branche armée du mouvement sécessionniste qui met tout en œuvre pour la scission des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Des images dans lesquelles on peut reconnaître le Pr Ivo Leke Tambo, déshabillé et assis à même le sol, ainsi que le bus transportant les étudiants cerné par des individus armés, circulent dans les réseaux sociaux. Elles auraient été postées par les sécessionnistes.

La presse annonce que les personnes enlevées se rendaient à une manifestation de remerciement au président Paul Biya à Mmockmbie, suite à la nomination de M. Paul Tasong comme ministre délégué au ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire lors du réaménagement du gouvernement du 2 mars dernier.

Selon certaines sources, la résidence du nouveau membre du gouvernement aurait été incendiée dans la matinée du 18 mars par des inconnus. D’après ces mêmes sources, l’acte criminel aurait été perpétré alors que Paul Tasong avait déjà, au vu de l’insécurité qui prévalait, quitté les lieux,

Dans le cadre de la crise qui affecte les régions camerounaises du Nord-ouest et du Sud-ouest, après le boycott de l’école et les opérations villes-mortes, les sécessionnistes ont engagé des actions terroristes parmi lesquelles le meurtre des éléments des forces de l’ordre et de défense (25 gendarmes, militaires et policiers auraient ainsi été assassinés au cours des derniers mois).

Par la suite, s’étant aperçus que les populations se lassaient du boycott de l’école et des villes mortes, ils sont passés au kidnapping de certaines personnalités. C’est ainsi que le sous-préfet de Batibo, et le délégué régional des affaires sociales du Nord-ouest ont été enlevés. A ce jour, on est sans nouvelle de ces deux personnes.

Ces enlèvements, il faut le reconnaître, préoccupaient déjà assez l’opinion. Mais, avec les événements de samedi dernier, c’est la première fois que les terroristes réussissent un enlèvement aussi massif et spectaculaire.

Que feront le gouvernement et les pouvoirs publics camerounais face à ce nouvel épisode de la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest et la psychose ainsi engendrée? La question est au bout de toutes les lèvres.

Marc OMBOUI

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