NON à la rhétorique de la peur ! Mgr Jean Mbarga, archevêque de Yaoundé se prononce

Après l’incident survenu à la Cathédrale de Notre Dame des Victoires de Yaoundé dimanche 28 août dernier, le prélat a commis une note pastorale bien expressive.

Charles ABEGA

Le dimanche 28 octobre fut bien particulier pour les fidèles de la Cathédrale Notre Dame des Victoires de Yaoundé. Alors que se tient la messe de 6h30, une vingtaine d’individus investissent alors discrètement l’enceinte religieuse, armés de différentes plaques et faisant monter de légers murmures dans la pieuse assemblée. La messe se poursuivra néanmoins jusqu’à son terme, juste avant que les militants jusque-là anonymes, ne révèlent définitivement leur identité et le but réel de leur présence. Ceci en déployant pancartes et en reprenant en chœur le slogan « Non au hold-up électoral ! » Un fait qui contribuera à perturber considérablement les fidèles qui n’auront plus réellement les esprits en place pour digérer l’Evangile qui se donne en partage en ce lieu. Par ailleurs, la peur de l’inconnu provoquera un véritable mouvement de panique chez certains plus fragiles, avant l’arrivée des forces de maintien de l’ordre arrivés instantanément une fois l’alerte donnée.

Après les interpellations par la police de la quasi-totalité de tous ces manifestants illégaux, le service dominical allait reprendre son cours à la Cathédrale mais avec un profond décalage. Un désagrément que les chrétiens subiront avec beaucoup de philosophie. La note pastorale commise par l’Archevêque Jean Mbarga depuis le jour de l’incident, et qui connaît une bien ample diffusion depuis ce dimanche 4 novembre dans toutes les paroisses et chapelles de l’archidiocèse sous son administration, vient donc lever toute équivoque et faire une mise au point précieuse. En résumé, le Berger invite les uns et les autres à taire tout discours de haine et toute invitation à la violence sous de quelconque motivation politique. Par ailleurs, le prélat martèle en direction de tous ces activistes et de tous ceux qui pensent se servir de l’Eglise de Jésus-Christ pour faire passer des messages qui divisent, que le Dieu que l’on invoque ici est un Dieu qui rassemble, qui invite à la réconciliation, à la tolérance.

La note de Jean Mbarga se décline sur une autre invitation, celle du respect de la légalité et des institutions et est soutenue presque spontanément par le collectif des présidents de conseils pastoraux paroissiaux de l’archidiocèse. En effet, cette plateforme a rendu public hier dimanche 4 novembre également, une lettre marquant leur désapprobation après cette intrusion du politique dans le lieu de culte. Il est fondamentalement question ici de dénoncer toute manœuvre de déstabilisation voulant se servir de l’Eglise comme relai, et de permettre aux Camerounais de tous bords de se retrouver en frères et sœurs, au-delà de toute divergence politique, idéologique et religieuse.

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